jeudi 7 juin 2007

USA - San Antonio (Texas)


Nous poursuivons notre traversée du Texas. La destination d’aujourd'hui est San Antonio ; nous l’atteignons en tout début d’après-midi sans nous être arrêtés pour déjeuner en route. Nous passons dans une boutique qui vend des uniformes de cheerleader ; malheureusement ils ne font que du sur mesure et Junior ressort de là toute déçue. Nous nous mettons ensuite en quête du Harley local. San Antonio est entouré par un réseau d’autoroutes et d’échangeurs assez impressionnant, et des voies supplémentaires semblent en construction. Je n’aimerais pas conduire là-dedans. Autre Moi s’en est bien tirée, comme d’hab, mais quand elle passe le volant à Kris, celui-ci manque nous tuer en grillant un feu rouge alors qu’un camion déboule de notre droite. Sueurs froides.
Le Harley se trouve en plein milieu du downtown (Petula Clark, sors de ma tête !) où il voisine avec le Hard Rock Café dans un centre commercial adorable construit autour d’une rivière bordée d’arbres. Achats effectués, nous mettons enfin le cap sur notre hôtel situé en périphérie. Autant Houston avait l’air de manquer de malls, autant San Antonio est cerné par des enseignes archi-connues. Après notre check-in au Best Western Fiest Inn, nous allons manger dans un TGI Friday. Il est déjà 15h30 et nous avons l’estomac dans les talons. La bouffe absolument délicieuse nous fait pousser des cris de ravissement. Je savoure mon New York steak fondant à souhait tandis qu’Autre Moi se régale avec ses ribs et ses crevettes dans une sauce au Jack Daniels. Rassasiés, nous nous dirigeons vers Scrapbook Heaven qui porte bien son nom : aussi grand que le magasin de Denver visité l’an dernier et pas mal achalandé du tout. J’y fais, entre autres, une razzia de tampons acryliques qui comptent actuellement parmi mes fournitures préférées.
Tout cela a néanmoins pris du temps, et lorsque nous arrivons à Fort Alamo vers 18h45, nous trouvons portes closes. Nous nous rabattons sur les boutiques de souvenirs voisines, puis sur le Riverwalk Center déjà visité rapidement un peu plus tôt. Chez EB Games, je craque et achète une DS comme celles d’Autre Moi et de Junior (mais blanche) + un browser internet qui me sera bien utile pendant mes déplacements divers + le dernier Rayman parce que bon, il faut bien s’occuper dans la voiture :)
Le centre commercial est vraiment sympa, comme l’ensemble du downtown d’ailleurs (Petula, dernier avertissement !) : si mignon qu’on le croirait sorti d’un parc Disney ou presque. Ici, pas de vilains gratte-ciels ni même de moches immeubles génériques, mais une profusion de petits bâtiments de caractère. Et partout, des banderoles « Go Spurs go » car ce soir, c’est le premier match de la finale du championnat de la NBA (mais nous n’apercevons Eva Longoria nulle part).
Retour à l’hôtel ; piscine pour les autres et internet pour moi. Comme personne n’a faim, nous sautons le dîner.
(Photo: Fort Alamo)

mercredi 6 juin 2007

USA - Avery Island, Houston (Texas)


Journée ennuyeuse pour moi. Avant de quitter la Louisiane, nous nous arrêtons à Avery Island pour visiter l’usine Tabasco. Coup de chance : le tour est bref – une mini-galerie, une vidéo, un couloir vitré qui longe la chaîne de production et basta. Dans la boutique, les autres goûtent de la glace au piment et font le plein de sauce. Puis nous repartons vers le Texas. Déjeuner chez Subway (cette année j’ai distribué un menu à chacun pour qu’il/elle entoure les options choisies chaque jour dans une couleur différente ; c’est beaucoup plus simple pour la commande).
Nous arrivons à Houston en fin d’après-midi. Pas de surprise : la ville est bétonnée et moche. Mais l’hôtel dispose d’un business center, halléluiah ! Je peux enfin écrire longuement à Hawk. Nous repartons faire un Xième Harley et quelques courses dans un centre commercial tout nul. Au retour, les autres vont se baigner dans la piscine de l’hôtel pendant que je retourne sur internet. Pour le dîner, nous passons commande à un traiteur chinois. Les plats qu’on nous livre sont délicieux, mais les portions si énormes que plus de la moitié de la bouffe finit à la poubelle, à mon grand désespoir.
(Photo: fermentation du piment à l'usine Tabasco, sur Avery Island)

mardi 5 juin 2007

USA - Nouvelle-Orléans (Louisiane)


Aujourd'hui nous sortons de la Nouvelle-Orléans pour aller visiter des plantations. Nous nous perdons un peu sur la route. A un moment, nous passons entre deux des digues qui n’ont pas suffi à protéger la ville de Katrina ; elles sont pleines d’ouverture et je me demande bien comment elles sont censées empêcher l’eau de passer. Le bayou offre un paysage assez particulier avec ses arbres élancés, serrés les uns contre les autres et jaillissant d’une immense étendue d’eau. La route des plantations, en revanche, est très différente et pas du tout comme je l’imaginais. Je voyais des champs de hautes tiges jaune-brun surmontées de boules blanches ; en réalité tout est vert et luxuriant. C’est parce que je pense au coton et qu’il s’agit de canne à sucre, m’informe Autre Moi.
Nous nous arrêtons d’abord à Laura, une plantation créole dont l’histoire passionnante nous est contée par notre guide. Pam est une dame d’âge mûr, à l’élocution impeccable (bon OK, elle vient du Nebraska), très souriante et chaleureuse. Elle a le don de faire revivre les personnages dont elle évoque la vie tandis que nous déambulons à travers leur maison, leur jardin et une partie des dépendances. La saga de la famille Duparc-Locoul n’a visiblement rien à envier à un feuilleton télévisé avec ses héroïnes hautes en couleur, ses multiples rebondissements et ses tragédies. Je suis aux anges, à tel point que j’achète, dans la boutique de souvenirs, le livre qui retrace les mémoires de Laura Locoul.
A côté de cette visite, la suivante paraît presque fade. Oak Alley s’enorgueillit pourtant, comme son nom l’indique, d’une magnifique allée de chênes tricentenaires. Et nous faisons un délicieux repas (po’boy pour Kris, jambalaya pour les filles) dans le resto attenant. Mais la guide déguisée en Southern Belle débite son texte à toute allure et d’une façon beaucoup trop mécanique. Même ses blagues sont apprises par cœur. Certes, la maison a de l’allure et un mobilier somptueux ; son histoire est tout de même bien moins riche que celle de Laura, et son architecture anglaise beaucoup plus froide.
Nous rebroussons chemin vers la ville et, après avoir laissé la voiture à l’hôtel, nous partons nous balader à pied dans le Vieux Carré. J’achète un pin’s au Hard Rock Café et un chouette T-shirt pour Hawk dans une boutique pseudo-vaudou. Nous traversons la place des diseurs de bonne aventure, qui ne déparerait pas à San Francisco. Le quartier est joli mais ne se prête pas très bien aux photos ; dommage. Et toujours pas l’ombre d’une supérette. Nous nous résolvons, après un apéro dans la chambre, à aller manger des po’boys (une spécialité locale) chez Mother’s, cité dans le « 1000 thousand places to see before you die ». Le cadre est sympa mais les sandwiches ne cessent pas vraiment des briques : le pain est mauvais, trop épais et rassis. L’endroit ne mérite définitivement pas sa réputation.
(Photo: la plantation de Oak Alley)

lundi 4 juin 2007

USA - Memphis, Nouvelle-Orléans (Louisiane)


Je me réveille avec un inexplicable mal de dents. Du coup, je reste dans la voiture pendant que les autres retournent dans les boutiques de souvenirs de Graceland pour compléter leurs achats d’hier. Puis nous prenons la direction de la Nouvelle-Orléans : autrement dit, plein sud. L’état du Mississippi que nous traversons dans toute sa hauteur est très vert et très monotone. Pause déjeuner chez Wendy’s à mi-parcours. Le reste du trajet n’en finit pas ; je somnole, bouquine, logigramme et iPode pour passer le temps.
A cause notamment des livres d’Anne Rice, la Nouvelle-Orléans occupe une place particulière dans mon imaginaire. Je me la suis toujours représentée comme une ville au charme romantico-gothique un peu désuet, le genre d’endroit hors du temps où on pourrait se croire encore au XIXème siècle. En fait, nous sommes accueillis, comme à Nashville et à Memphis, par les tours de béton et de verre génériques que l’on peut voir dans n’importe quelle grande ville américaine.
A partir de là, la soirée ne fait que dégénérer. L’hôtel nous réclame $28 de parking par nuit. La chambre aux murs de brique apparente déplaît beaucoup à mes camarades (moi, j’adore) ; surtout, elle n’est pourvue ni d’un frigo, ni d’un micro-ondes. Bourbon Street, la rue la plus animée et la plus touristique du quartier français, s’avère incroyablement tacky : néons criards, souvenirs en plastique, musique hurlante, clubs de strip-tease aux devantures pleines de photos délavées qu’on croirait sorties d’un Playboy des années 70, lingerie d’un mauvais goût navrant… Nous décidons de dîner dans notre chambre. Problème : pas le moindre magasin d’alimentation en vue. Dans Canal St., nous finissons par nous arrêter au McDo pour acheter des salades à emporter. Grave erreur. Comme tous les employés blacks auxquels nous avons eu affaire depuis notre départ de la Floride, les serveuses mettent un maximum de mauvaise volonté à nous fournir ce que nous demandons : ni bonjour ni au revoir, ton blasé, mots mâchés au maximum, font semblant de ne pas comprendre ce qu’on leur dit, répondent à côté des questions… Le McDo est vide ; pourtant, nous attendons nos salades une demi-heure (I kid you not !!!) alors que les quelques clients blacks qui se présentent entre-temps sont servis dans la minute. Le racisme anti-Blancs dans le sud-est des USA n’est donc pas une légende. En remontant Canal St., qui est en travaux, nous voyons un énorme rat filer devant nous. Dire que je suis déçue serait un euphémisme.
De retour à l’hôtel, nous prenons une mini-cuite qui se termine par une bagarre féroce entre Kris, Junior et moi sur l’un des lits, pendant qu’Autre Moi filme. Damned. Il faut que je cesse de laisser des traces compromettantes derrière moi.
(Photo: la boutique House of Voodoo, dans Bourbon St.)

dimanche 3 juin 2007

USA - Memphis (Tennessee)

Depuis le réveil, Autre Moi glousse comme Satanas (ou Diabolo, je ne me souviens jamais qui est qui). Aujourd'hui, nous allons à Memphis voir la maison d’Elvis Presley. Nous débarquons à l’hôtel vers 14h15, sans avoir déjeuné car nous craignions d’arriver trop tard pour profiter de la visite. La chambre n’est pas encore prête ; nous laissons nos bagages dans un cagibi près de la réception avant de repartir pour Graceland.
Nous achetons nos tickets pour la visite simple ($25 par personne), puis mangeons dans un diner décoré turquoise et rose pâle à la mode des années 50. Une navette nous emmène jusqu’à la propriété proprement dite. Le célèbre portail aux notes de musique est dix fois moins grand que je ne l’imaginais, et le mur d’enceinte doit culminer à 1,20 m. S’il avait vécu aujourd'hui, Elvis aurait dû habiter une véritable forteresse, mais de toute évidence, les paparazzi et les stalkers devaient être rares à son époque. La maison elle-même est ravissante vue de l’extérieur, mais elle n’a rien d’un extravagant manoir de 250 pièces. La déco intérieure, en revanche, suscite quelques grincements de dents – entre la jungle room kitchissime et le tissu immonde qui recouvre les murs de la salle de billard, je ne sais pas ce qui est le plus affreux. L’ensemble laisse une impression de demeure familiale, certes luxueuse mais chaleureuse à sa façon. Elvis était apparemment un grand gamin qui avait équipé sa maison de toutes sortes de jeux pour adultes et y vivait perpétuellement entouré de sa bande de potes. Il semble aussi qu’il ait été très, très généreux, et pas seulement avec son entourage. Bien sûr, la visite le présente sous son jour le plus favorable, mais j’avoue qu’elle change totalement l’image que j’avais du personnage. Quand nous ressortons, nous avons tout juste le temps de faire les boutiques de souvenirs avant leur fermeture – et de nous prendre une averse tropicale qui nous empêche de poser devant le portail de Graceland et nous fait détaler en courant, hilares.
Je ne suis pas très motivée pour ressortir le soir mais il n’y a pas de resto dans l’hôtel ni de magasin de bouffe dans les environs. J’accompagne donc les autres à Beale St., la rue commerçante /touristique du centre de Memphis. Je redoutais une réédition de la soirée d’hier, mais non. Les boutiques de souvenirs sont bien moins kitsch qu’à Nashville, et l’ambiance musicale rock me convient davantage que la country. Le Hard Rock Café local n’a lui non plus aucun T-shirt qui me plaise et qui soit à ma taille. Devant un stade, nous nous amusons à poser sur des répliques de balles et de ballons plus grands que nature. Puis nous allons manger au resto d’Elvis. Il fait super bon sur la terrasse, et le cocktail que je m’autorise exceptionnellement me tourne assez vite la tête (abstinence des derniers mois oblige). Nous dînons light et bon avant de rentrer à pied sans nous presser. Petit crochet par les berges du Mississippi pour une photo à 4. En Belgique, Hawk doit être en train de se lever pour aller bosser…
(Photo: la tombe d'Elvis, dans sa propriété de Graceland)

samedi 2 juin 2007

USA - Lynchburg, Nashville (Tennessee)


Le temps est très couvert aujourd'hui ; il fait une chaleur moite, étouffante, et le gris du ciel gâche la beauté des paysages boisés que nous traversons. Nous quittons la Georgie pour le Tennessee. Le midi, nous nous arrêtons pour manger dans un diner de bikers et de routiers : cadre sans chichis mais bouffe délicieuse et ridiculement bon marché. Pour la première fois du voyage, je commande un dessert, un pineapple upside down cake que je partage avec Junior.
Encore une petite heure de route et nous arrivons à Lynchburg où se situe l’usine Jack Daniels. Pour une fois, la visite est gratuite. Je ne peux pas dire que le sujet me passionne, mais notre guide, Sammy, me fait sourire avec son bagout, son accent quasi-incompréhensible et son humour pince-sans-rire. Et puis il y a dans notre groupe une bande de bikers dont l’un me paraît très appétissant :) A la sortie, nous filons vers le town square qui, bien que très mignon, n’abrite que des boutiques kitchissimes dans lesquelles nous ne trouvons même pas une carte postale décente.
Nous repartons vers Nashville. J’essaie de lire, mais la conduite de Kris (sur deux roues, ou presque, dans les nombreux virages sans visibilité) me file des sueurs froides. Ayant oublié mon permis et ne pouvant pas conduire, je ne me sens pas le droit de protester. Heureusement, Autre Moi s’en charge à ma place.
Nous atteignons notre hôtel vers 18h. Comme d’habitude, nous n’y restons pas longtemps. Nous partons nous balader dans le quartier touristique, où nous visitons quelques boutiques de souvenirs hideuses + le Hard Rock café local (où je n’achète rien, car le seul T-shirt qui me plaît n’est plus disponible qu’en L) avant d’aller manger au Big River, un resto très animé doté d’une terrasse. Mon poulet hawaïen est délicieux mais j'ai la tête ailleurs. Après le repas, nous nous promenons le long de la 2nd avenue – encore des boutiques de souvenirs affreuses et plein de bars/restos dont s’échappe une musique country tonitruante. Autre Moi adore. Je suis à mille lieues de là.
(Photo: statue de Jack Daniel dans le hall d'accueil de l'usine de Lynchburg)

vendredi 1 juin 2007

USA - Savannah, Atlanta (Georgie)


Après un petit déjeuner continental assez bof, nous quittons le motel et prenons la direction du centre historique de Savannah, que nous mettons quelque temps à localiser. Nous finissons par prendre en filature un bus dont la destination affichée est « downtown ». Nous nous égarons dans un quartier résidentiel visiblement assez pauvre qui ressemble tout à fait à l’image que je me faisais des petites villes du sud-est des USA : maisons en bardeaux aux couleurs passées, Blacks indolents sous les porches, grands arbres aux branches drapées de mousse espagnole, chaleur immobile et trottoirs déserts. Le tour du centre historique est bref et se termine par la visite impromptue d’un magasin Harley non repéré à l’avance mais dont Autre Moi ressort les mains vides pour la première fois.
Nous roulons vers Atlanta. Arrêt le midi dans un Subway et arrivée à notre hôtel (le Baymont) vers 15h30. Nous posons les bagages et repartons aussitôt vers le World of Coca-Cola. A pied. Le centre d’Atlanta est moche, moche et re-moche, que des buildings très hauts et sans aucun charme avec personne dans les rues. Nous nous faisons alpaguer par un Black en costard qui nous apprend que le WoCC a changé d’emplacement et nous pointe dans la bonne direction – puis nous taxe de quelques dollars pour les bonnes œuvres d’une église quelconque. Mais grâce à lui, nous trouvons assez vite notre destination.
La visite est fun : petit film animé sur la fabrication du Coca, musée, chaîne d’embouteillage en marche, 2ème film en 4D, centre de dégustation de sodas (70 différents !) originaires du monde entier, et bien sûr l’indispensable boutique pleine de tous les souvenirs possibles et imaginables. Le budget en prend encore un coup. Par contre, l’enthousiasme délirant des employés et le matraquage constant sur les qualités du produit donnent quasiment l’impression d’être tombé dans une secte dont tous les membres seraient shootés grave. A les écouter, Coca-Cola va sauver le monde, je vous jure.
Sur le chemin du retour, nous passons au Hard Rock Café où je m’achète un débardeur noir. Puis nous dînons dans un resto mexicain, Jalapeño Charlie’s, sur une terrasse en étage.
La connexion de l’hôtel est si lente que je mets vingt minutes à lire trois mails de Hawk et à consulter son blog. Je n’ai pas le temps de poster sur le mien. Demain à Nashville, peut-être.
(Photo: Affiche publicitaire, World of Coca-Cola, Atlanta)