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mardi 16 septembre 2008

Danemark - Copenhague (Osterport, Ny Havn, Tivoli)


Nous nous réveillons vers 8h. Le petit déjeuner de l'hôtel est sympa: des sandwichs de différentes sortes emballés dans de petites poches en papier, de la salade fruits coupée en morceaux minuscules et servie dans des verres, et puis surtout du vrai thé vert japonais en vrac! Par contre, je ne raffole pas des fauteuils bas et des tables minuscules sur lesquelles il faut se pencher façon Quasimodo pour manger à peu près proprement.

Nous remontons dans la chambre pour un interlude classé X fort satisfaisant. Lorsque nous redescendons, douchés, habillés et un sourire béat aux lèvres, nous apprenons qu'une autre de nos chambres favorites est libre pour ce soir, et que le ménage y ayant déjà été fait, nous pouvons avoir les clés tout de suite! Nous montons donc nos bagages dans la 502, baptisée "Royal wedding collages". Chambre sous les toits, murs dans les tons verts et blanc, voile en tulle drapé autour du lit et bergère peu confortable mais très photogénique. Nous en profiterons plus tard. Pour l'instant, direction la station Norreport, où nous devons prendre le S-Tog jusqu'à Osterport.

Sans doute flottons-nous encore sur notre petit nuage, car lorsqu'un train se présente au moment où nous débouchons sur le quai, nous montons dedans sans nous poser de questions. C'est cinq secondes plus tard que je réalise: "Tu as composté les tickets?" "Non". Nous rebroussons chemin en courant. Les portes se referment alors que Chouchou est descendu sur le quai et moi toujours à l'intérieur du wagon. Je lui fais signe qu'on se retrouve à la station suivante (qui est aussi notre destination). Par chance, je ne tombe pas sur des contrôleurs pendant ce bref voyage, et Chouchou me rejoint quelques minutes plus tard.

Le ciel est un peu gris ce matin. Nous marchons un petit moment pour atteindre le bord de l'eau et la fameuse petite sirène. Qui me fait à peu près le même effet que le Mont Rushmore: je la voyais plus grande. Et plantée à l'entrée du port plutôt qu'à cinquante centimètres du bord de l'eau. Malgré les touristes agglutinés autour, nous réussissons à faire pas mal de photos, notamment avec Régis. On doit nous prendre pour des illuminés, mais nous avons l'habitude.

Comme le métro ne passe pas dans les parages et que nous n'avons pas de plan des bus, nous nous dirigeons à pied vers Ny Havn ("Nouveau Port"). Les parages ne sont pas hyper riants ni animés; nous sommes dans la partie industrielle du port puis, dès que nous nous écartons des quais, dans un quartier probablement administratif. En passant près du palais d'Amalienborg, nous tombons par pur hasard sur la relève de la garde. Nous nous joignons à la foule pour y assister, mais au bout de plusieurs minutes pendant lesquelles il ne s'est rien passé ou presque, nous finissions par nous lasser. Quelques imbéciles tourmentent un jeune garde censé rester parfaitement immobile pour tenter de lui arracher une réaction. Ca m'énerve. Du coup, je n'essaie pas de m'approcher pour le photographier avec Régis à côté.

Ny Havn est une image de carte postale avec ses façades colorées et ses terrasses de restaurant alignées sur tout un côté. Après l'avoir photographié sous tous les angles, nous épluchons les cartes en anglais pour trouver un endroit où manger: nous approchons de midi et demie et comme nous avons beaucoup marché, le petit dej' nous paraît déjà loin! Nous finissons attablés, Chouchou devant un club sandwich et moi devant une sorte d'assiette dégustation danoise. Ce n'est ni mauvais ni transcendant; je voudrais juste savoir pourquoi ils mettent de la sauce au curry avec tous les plats. En dessert, par contre, nous nous partageons un gâteau aux noix délicieux.

Nous retournons, toujours à pied, vers l'hôtel de ville en passant par les petites rues commerçantes en dessous de Stroget. Notre prochaine étape: la visite du Dansk Design Center, autrement dit, le Centre du Design Danois. Nous sommes étonnés de payer nos entrées demi-tarif. Puis nous nous apercevons que la moitié des expositions seulement sont disponibles, les deux grandes salles du rez-de-chaussée étant actuellement en travaux. Dommage: ce que nous voyons nous plaît énormément et nous laisse un goût de trop peu. Au sous-sol, deux longues vitrines bordant un couloir mal éclairé abritent des objets dont le design est devenu iconique - on y trouve même une poupée Barbie et des Lego! En face, dans une salle aux murs nus, une table est couverte de flacons, de bricks ou de paquets en carton blanc portant une simple inscription en lettres noires ("good vibes", "up and downs", "stress killers") qui invite le visiteur à réfléchir sur sa façon de consommer. Au premier étage, une exposition temporaire présente des emballages de produits alimentaires écolo-minimalistes et un meveilleux display holographique accompagné d'une voix qui explique, en anglais, comment les entreprises et les particuliers peuvent minimiser leur impact sur l'environnement. Une simplicité très étudiée, une pureté jamais ennuyeuse, un naturel reposant: telles semblent être les caractéristiques du design scandinave.

Malheureusement, pendant notre visite au DDC, il s'est mis à pleuvoir. Nous contournons le Tivoli à pied dans l'idée d'explorer Istedgade, l'avenue chaude peu à peu grignotée par les boutiques de jeunes designers selon notre guide. Mais après l'avoir parcourue sur quelques centaines de mètres, nous avons essentiellement vu des vitrines pleines de sextoys de plus mauvais goût les uns que les autres. Grognon, je réclame à faire demi-tour. Sur le chemin de l'hôtel, nous trouvons un cybercafé dans lequel nous nous réfugions pour consulter nos mails et, avec un peu de chance, attendre la fin de l'averse. Nous y restons une demi-heure, et il pleut toujours lorsque nous ressortons. Grmbl. Quand je pense que dans les cartes postales rédigées ce midi, je vantais le beau temps de Copenhague!

Une petite pause dans notre jolie chambre nous permet de reposer nos jambes. Le ciel une fois dégagé, nous retournons au Tivoli. Ce soir, nous avons l'intention de tester les manèges repérés hier. Nous commençons par les balançoires suspendues qui montent haut, haut, haut... Un petit moment d'angoisse pendant l'ascension, vite oublié dès que les sièges se mettent à tourner. Malgré le froid, la sensation de voler (ou presque) au-dessus des toits est extrêmement grisante. A côté de ça, évidemment, la "petite grande roue" et ses nacelles en forme de montgolfière n'offrent guère de sensations - mais tout de même une jolie vue sur le parc dont les lumières s'allument avec l'approche de la nuit. Nous faisons un tour au pays des contes d'Andersen, un manège dont ont dû s'inspirer le Peter Pan et le It's a small world de Disneyland. J'en avais oublié tout un tas, et les commentaires en anglais me remémorent à quel point l'univers de cet auteur était cruel. Dernière attraction du jour: le Daemon, un grand huit à sept boucles dans lequel je refuse de monter avec Chouchou, craignant les à-coups dans la nuque. Lui, en revanche, redescend enchanté.

L'estomac dans les talons, nous nous dirigeons vers Wagamama où, après une courte attente, on nous place à l'extrémité d'une grande table commune. Ce n'est pas le genre de choses dont je raffole, mais la cuisine - du japonais louchant un tantinet sur la world fusion - est fantastiquement bonne. Nous partageons un saumon teriyaki délicieux et une immense soupe dans laquelle nagent tofu, viande, crevettes et légumes. Je suis par contre très déçue d'apprendre que les jolis T-shirts rouges "Wagamama Tivoli" portés par les serveuses sont en rupture de stock. D'un autre côté, je collectionne déjà les T-shirts HRC; ce n'est peut-être pas la peine de me lancer dans une deuxième quête internationale du même style.

Nous avions envisagé de refaire un tour sur les manèges du Tivoli après manger, mais nous sommes crevés et il fait vraiment froid. De retour à l'hôtel, nous allumons la télé et tombons sur l'épisode final de "A shot at love with Tila Tequila", sorte de Greg le Millionnaire où le coeur à conquérir est celui d'une ex-star du porno bisexuelle. Il ne reste qu'un candidat garçon et une candidate fille en lice. Le premier est mignon et a l'air d'un parfait petit con. La seconde a un physique androgyne et est touchante de sincérité. Bien entendu, Tila part avec le bogoss: d'après mon expérience personnelle et mes observations, les bis couchent aussi bien avec des garçons qu'avec des filles mais finissent en général par former un couple hétéro. Bref.

Avant de m'endormir, je feuillette le sublime "Goddess guide" acheté hier chez Urban Outfitters. J'ai la surprise d'y trouver une double page consacré à l'anthologie de sacs à main de Nathalie Lecroc, qui avait fait le portrait de mon Sequoïa gris en... 1999, je pense. Je suis contente d'apprendre qu'elle a poursuivi son projet au-delà des 100 sacs initialement prévus, et qu'elle devrait bientôt publier un recueil de ses aquarelles.

vendredi 25 juillet 2008

Angleterre - Londres


Je n'ai pas mis les pieds à Londres depuis six ans. La dernière fois, j'étais allée faire les soldes d'hiver avec Philou et nous avions dormi dans un hôtel de Bayswater au confort minimal et à la propreté douteuse. Ce coup-ci, j'y retourne avec mon amoureux, en été, et dans un 3 étoiles que j'ai passé des heures à choisir sur le Net pour son rapport qualité-prix et son emplacement. Ma liste d'endroits à visiter, en revanche, est restée sensiblement la même... Je n'étonnerai pas les gens qui me connaissent en révélant que 80% d'entre eux sont des magasins et les 20 autres %, des endroits où l'on mange. Heureusement, Chouchou va nous servir d'alibi culturel: il veut absolument aller voir une expo photo à la Tate Modern Gallery.

Le réveil sonne bien trop tôt à mon goût: avant 5 h du matin. Oui, mais notre Eurostar part à 6h59 et nous devons être à la gare une demi-heure avant. Motivée à la pensée de mon futur shopping, et bien que j'aie dû m'endormir vers les 2h, je me tire du lit plus facilement que Chouchou - mais bon, j'ai moins de sommeil en retard. Nous avons tout préparé la veille et après une douche rapide plus une tasse de thé, nous allons prendre l'habituel bus 71 + métro. Il est à peine 6h lorsque nous arrivons à la Gare du Midi. J'ai tout le temps d'acheter un pain saucisse chez Panos (tant de gras chaud et croustillant au saut du lit, c'est un vrai bonheur) et de quoi lire dans le train. Les formalités d'embarquement me font halluciner. D'abord, on passe un portique dans lequel on doit introduire nos billets. Ensuite, on a droit au détecteur à métaux, comme à l'aéroport. Enfin, on présente nos papiers à la douane. "Libre circulation des personnes", c'est vite dit, quand même...

Une heure cinquante plus tard, nous débarquons à St-Pancras. La gare est claire et propre, très agréable. Oh, un Paperchase... Must-wait-until-later. Après avoir retiré des livres et acheté des travel cards pour la journée, nous nous engouffrons dans le métro. J'avais oublié combien les trains londoniens sont vétustes, étroits et bas de plafond. "Mais tu ne peux toujours pas te tenir aux poignées", fait remarquer Chouchou. Gni gni gni.

Nous revenons à la surface sur Oxford Circus. Je fais un tour sur moi-même. Damned, j'étais sûre que Topshop ne se trouvait pas loin... J'accoste la première Anglaise de moins de 50 ans qui sort du métro. "Excuse me miss, could you tell me where Topshop is?" Sans un mot, elle tend un doigt. Le magasin, dont la devanture doit faire cinquante mètres de large et l'enseigne dix mètres de haut, se trouve juste derrière moi. Me ridiculiser auprès des indigènes: ça, c'est fait.

Topshop ouvre à 9h. A cause du décalage horaire, il n'est que 8h45 heure locale, mais une petite foule de fashionistas se masse déjà devant l'entrée. On dirait des coureurs de marathon dans les starting blocks. J'en écraserais presque une larme d'émotion tellement c'est beau. Dès l'ouverture des portes, nous nous ruons à l'intérieur. Après une séance d'essayage de lunettes rigolotes et un rapide petit dej' chez Eat, je me mets en chasse dans les trois étages femme du magasin. J'ai une idée relativement précise de ce que je cherche et... je ne le trouve pas. Ca commence bien. Je dégote quand même un spencer sympa et quelques franfreluches. Mais j'étais partie pour faire le plein de T-shirts rock'n'roll et aucun ne me plaît. C'est d'autant plus ennuyeux que comptant sur mes nouvelles fringues, je n'ai pas emporté de haut de rechange pour demain, et je sens qu'avec la chaleur qu'il fait dehors, jamais je n'arriverai à remettre celui que j'ai sur le dos. En même temps, la journée ne fait que commencer et Londres ne manque pas de magasins. C'est bien le diable si je n'arrive pas à dégoter un T-shirt!

Un petit tour chez Topman (l'étage réservé aux hommes) nous permet de dénicher, après de longues recherches, un chouette jean pour Chouchou. £20 à peine. Bon, ça va, je ne vaudouiserai pas Topshop cette fois-ci.

Une station de métro plus loin, nous sortons sur Tottenham Court Road que nous remontons en direction du flagstore Paperchase, grande surface consacrée à la papeterie, aux fournitures de dessin et aux accessoires de bureau. Ma visite m'enthousiasme moins que les précédentes, ce qui ne m'empêche pas de ressortir avec un gros sac plein qui s'annonce difficile à trimballer jusqu'au soir.

Nous continuons à pied en direction de Shaftesbury Avenue. Petit cafouillage à cause des travaux qui nous compliquent le repérage sur le plan. Il ne nous faut néanmoins pas trop longtemps pour arriver au Forbidden Planet, librairie SF/fantasy mythique dont un des auteurs que je traduis fut le premier manager dans les années 70. Là encore, déception. Je gardais le souvenir d'une merveilleuse caverne d'Ali Baba bourrée de trésors improbables; je découvre rangée sur rangée bien alignées de merchandising Indiana Jones, Star Wars ou Le Seigneur des Anneaux. Et dans leurs back issues de comics, ils n'ont même pas ce que je cherche (le dernier numéro de Strangers in Paradise dans les deux couvertures alternatives qui me manquent). J'embarque quand même une mini-série dédicacée de Jamie McKelvie, dont j'avais bien aimé "Phonogram". Et Chouchou est tout content de trouver un art book Wall-E.

Il commence à faire faim. Ca tombe bien, nous sommes juste à côté de Neal Street et du Food for Thought, un minuscule fast food végétarien dont je raffole. A condition évidemment qu'il n'ait pas disparu depuis ma dernière visite à Londres. Ouf, non: il est toujours là. Et mon strawberry banana scrunch adoré figure encore à la carte, youpi! Je mange en poussant de petits grognements de délectation. Very sexy. Et quand je cale, comme d'habitude, Chouchou ne se fait pas prier pour terminer mes restes.

Nous longeons Neal Street en direction de Covent Garden. Un arrêt chez Origins pour racheter un masque "Out of Trouble". Un autre à la Tea House où j'ai déjà acheté plusieurs théières anglaises ravissantes, dont une machine à espresso et un extra-terrestre armé d'un pistolet laser. J'espère y dénicher une nouvelle pièce pour mon envahissante collection... Pas de chance: si la boutique propose toujours une grande quantité de thés en vrac (dont plein de verts et de blancs, mes préférés), elle ne vend plus que des théières de type chinois assez quelconques. Décidément, le dieu du shopping est contre moi aujourd'hui.

Une visite chez Muji plus tard (je continue à m'équiper en rangements transparents pour mes fournitures de scrap), nous sommes bien chargés et passablement épuisés. Après avoir acheté des places à l'un des kiosques de Leicester Square pour voir "Stomp" ce soir, nous décidons de faire un crochet par l'hôtel: tant pis s'il est excentré, nous avons besoin de nous débarrasser de nos paquets et de souffler un peu. Direction Bayswater et le New Linden Hotel, situé à environ dix minutes à pied du métro. Dès qu'on s'écarte de l'avenue hyper animée, les rues deviennent ravissantes et paisibles. A en juger leur nom, nous devons nous trouver dans le quartier russe. La réceptionniste nous annonce une bonne nouvelle: nous avons été upgradés! De fait, notre chambre est spacieuse, décorée avec beaucoup de goûts et pourvue d'un tas de commodités, dont une douche où on doit facilement pouvoir tenir à six ou sept. Si seulement nous n'étions pas crevés...

Passage au centre commercial voisin, le Whiteley's, dont je gardais un fort bon souvenir. Je ne sais pas pourquoi, je le trouve très ordinaire cette fois. J'y dégote tout de même l'intégrale de BlackAdder en DVD pour £30. Chouchou ne connaît pas; je suis curieuse de découvrir si ça lui plaira. Dans le cas contraire, je serai forcée de le quitter.

Retour dans le centre, du côté de Picadilly Circus. Nous pensions goûter/dîner d'un high afternoon tea dans le nouveau restaurant de Fortnum & Mason. Mais £38 euros, service de 12,5% non compris, ça fait un peu chérot. Dépitée, je ressors sans même acheter de biscuits butterscotch à 1812 calories la miette, ni de marmelade à l'orange zestée. Une visite au giga Waterstone voisin s'avère tout aussi décevante: le magasin est moche et mal achalandé. C'est officiel, Londres ne veut pas de mes sous cette fois. En apercevant le Japan Center, je ne peux m'empêcher d'entrer. A peine franchie la porte, nous sommes assaillis par une odeur de bouffe si typique qu'en fermant les yeux, on se croirait transportés dans un food court à Tokyo. Au désespoir, je gémis: "Je veux retourner au Japon". "Moi aussi", avoue piteusement mon amoureux. En attendant, on va se contenter de mousselines de genmaicha bio.

Bien qu'il soit encore tôt, les magasins commencent à fermer. Nous avons encore deux heures devant nous avant le début du spectacle. A Leicester Square, l'estomac dans les talons, nous jetons notre dévolu sur le premier resto italien venu. Pioche moyenne: la serveuse est sympathique et les prix corrects, mais la bouffe très ordinaire. C'est pourtant pas dur de faire des pâtes délicieuses...

Pour tuer le temps qui nous reste, nous nous baladons dans le quartier chinois et dans une galerie marchande des environs. L'odeur qui s'échappe d'un buffet à volonté me fait regretter de n'avoir pas poussé 500 mètres plus loin avant de choisir où manger. Je suis à la limite de la grognonitude. Ca a intérêt à être bien, "Stomp"!

...Verdict en sortant du New Ambassadors à 22h: ce n'était pas bien, c'était génial. Chouhcou et moi sommes tout guillerets d'avoir vu un spectacle à la fois aussi original et aussi réussi. Vraiment emballés, nous reprenons le métro pour la dernière fois de la journée. En sortant à Bayswater, nous nous arrêtons au McDo pour apaiser la soif de Chouchou et mon petit creux. Nous sirotons nos boissons en marchant dans les rues obscures et quasi-désertes. Je traîne un peu la patte et je meurs d'envie de faire pipi, mais la douceur de l'air nocturne m'enchante. Malgré les déconvenues de la journée, je ne voudrais être nulle part ailleurs, ni surtout avec personne d'autre.

Arrivés à l'hôtel, nous nous déshabillons et, gluants de transpiration, nous nous asseyons en tailleur sur le beau lit à baldaquin, face à face avec une boîte de nuggets de poulet et un pot de sauce barbecue entre nous. Cet étrange pique-nique nudiste, typique de la fantaisie qui gouverne notre relation, est une excellente conclusion à la journée.

lundi 17 septembre 2007

Japon - Kyoto (pavillon d'or, Ryoanji, Ninnaji, Gion)

Levés sans trop de peine vers 7h45. Nous déjeunons au ryokan, à la japonaise : soupe miso, tofu, poisson, riz, légumes au vinaigre, fruits et thé vert. Un peu raide quand on n’a pas l’habitude, mais il y a de quoi tenir sans problème jusqu’à midi.
Nous prenons le bus jusqu’au Kinkakuji, ou Pavillon d’Or. Il y a un peu moins de monde que lors de ma visite précédente, mais le lieu ne m’impressionne pas davantage et je me trouve toujours aussi moche sur les photos.
Nous poursuivons à pied, sous un soleil de plomb, vers le Ryoanji, le jardin zen « sec » (= de pierre) le plus célèbre du Japon. Même motif, même punition : je trouve ça bof, bof et re-bof. Avant de partir, nous mangeons à la « cantine » située près de l’entrée. C’est assez déstabilisant de remettre mes pas dans ceux de la fille très différente que j’étais il y a deux ans et demi. La chaleur accablante n’arrange rien, mais je me retiens de râler car ce n’est pas la faute de Hawk.
Troisième arrêt sur notre route pédestre (j’allais écrire : mon chemin de croix…) : le château de Ninnaji. Ça, je ne connaissais pas. Mais ça me laisse complètement froide – émotionnellement du moins, car physiquement, j’achève de me liquéfier. Le prochain stade sera gazeux ou ne sera pas. Je traîne de plus en plus les pieds et observe, incrédule, les Japonaises en manches longues, collants, gilets, talons aiguilles ou autres vêtements et accessoires qui siéraient mieux à une température inférieure de 20°.
Nous galérons un peu pour repartir du Ninnaji ; il faut dire que nous avons oublié de prendre un plan du réseau de bus ce matin et qu’à Kyoto, la signalisation dans les transports en commun se fait exclusivement en japonais. Nous changeons quatre fois de côté de route pour tenter de prendre le 59, avant de nous entendre dire par un chauffeur que pour la gare centrale, c’est le 26, un arrêt plus loin. Je ne sais pas comment nous nous en serions sortis sans mon japonais, si limité soit-il.
Mais le pire reste à venir. Voulant nous parachuter sur Gion pour prendre un bain de modernité (et de l’air conditionné qui va avec), nous descendons du bus à un arrêt baptisé Shijo-quelque chose, puisque Shijo Dori est l’avenue commerçante qui traverse Gion et conduit jusqu’au sanctuaire Yasaka. Puis nous marchons. Et nous marchons encore. Sans apercevoir l’ombre d’un grand magasin, ni aucun autre type d’ombre d’ailleurs. Réduite à l’état de flaque, je hèle une des rares passantes qui m’explique que je suis à l’autre bout de Shijo Dori, à des kilomètres de notre destination. Incapable de m’indiquer le bus que nous devons prendre pour nous rapprocher de notre destination, elle rentre carrément dans un immeuble pour solliciter l’aide d’un monsieur qui s’y connaît en bus et baragouine un peu d’anglais. J’étais à deux doigts d’abandonner et de rentrer au ryokan ; nous voici repartis vers Gion.
Bien nous en prend. Nous passons deux heures délicieuses à arpenter les arcades couvertes en face du Fuji Daimaru. Pour une fois, Hawk fait plus de shopping que moi : un T-shirt à manches longues, un Godzilla en plastique, une plaque porte-bonheur hibou pour sa mère, un manga bilingue de Ghost in the Shell… Je suis fière de lui, mon éducation commence à porter ses fruits ! Nous nous arrêtons pour goûter chez Mister Donut où, croyant acheter un beignet à l’abricot, je me retrouve la bouche pleine de crème à la mangue, et où le soda au melon que j’ai commandé par curiosité s’avère de la même couleur que la Jell-O verte (dont il a également tout le naturel). Peu importe, nous nous marrons bien.
Lorsque nous ressortons sur Shijo Dori, la nuit est tombée. Nous marchons jusqu’au sanctuaire Yasaka. L’endroit est un peu moins illuminé que dans mon souvenir mais absolument magique à la faveur de l’obscurité. Le chant des grillons couvre les bruits étouffés de la ville et nous sommes presque seuls dans les allées pavées entre les minuscules autels. Dommage, il est déjà tard et des éclairs zèbrent le ciel à l’horizon, nous dissuadant de traîner.
Nous n’avons toujours pas de plan des bus et la première station de métro dans laquelle nous descendons est en fait une gare ferroviaire souterraine. Nous finissons par remonter Shijo Dori jusqu’au carrefour de Karasuma. C’est long, très long et mes genoux explosés par un vieil accident de ski donnent des signes de mise en carafe imminente. Enfin, nous trouvons une vraie station de métro dont les distributeurs de tickets fonctionnent comme ceux de Tokyo, hourra !
Cinq minutes plus tard, nous débarquons à la gare centrale. Nous montons rapidement au Cube, où nous dînons dans une cantine améliorée de ramen qui utilise le système de tickets pour les commandes – celui que nous avions déjà testé à Shibamata. D’ici une semaine, les us et coutumes du Japon n’aurons plus de secret pour nous !

vendredi 14 septembre 2007

Japon - Tokyo (Ginza, Roppongi)

J’émerge avec difficulté vers 8h45. Mal dormi sur le futon qui me met le dos en compote. Je me force tout de même à réveiller Hawk. Nous qui voulions nous lever de bonne heure pour aller au marché aux poissons à Tsukiji, c’est râpé ! Nous maintenons néanmoins notre programme de la journée.
Notre première tentative pour prendre le métro est laborieuse. A cause de l’immensité de la station de Ginza où nous devons effectuer notre changement depuis la ligne JR Yamanote, nous mettons très longtemps à localiser les distributeurs. Cela fait, l’achat de tickets s’avère aussi simple qu’on nous l’avait dit. 160 yens (environ un euro) pour un trajet de trois stations ou moins, c'est assez raisonnable. Je me demande vraiment pourquoi on s'est fait suer à marcher des kilomètres et des kilomètres lors de mon premier voyage. Peut-être parce qu'Ilona avait peur de ne pas s'en sortir dans le métro...
C’est triomphants que nous émergeons à la surface… sous un soleil de plomb et dans un quartier bétonné qui ne fait rien pour lutter contre la moiteur ambiante. Le temps d’arriver aux halles, les marchands sont déjà en train de remballer. Déception. Hawk se rattrape un peu niveau photos dans les échoppes des rues environnantes. L’une d’elles vend des animaux empaillés : chat sauvage, paon, aigle royal, crocodile (dont le destin aurait plutôt été de finir matière première chez Hermès) et même… un panda. Fuyons.
Deuxième trajet en métro pour rejoindre le cœur de Ginza. J’appuie sur le bouton d’appel de l’ascenseur dont je crois qu’il va nous emmener à l’intérieur du Sony Building, et la porte s’ouvre sur… des toilettes high tech. Fou-rire incontrôlable. Nous finissons par trouver un accès au bâtiment. La première chose que nous faisons, c’est chercher un endroit où manger car il est déjà midi passé. Ce sera le pub Cardinal, seul resto de l’immeuble à ne pas pratiquer des tarifs prohibitifs. L’intérieur est entièrement tapissé de velours rouge et décoré de pubs anglaises ; c’est assez bizarre de voir une clientèle exclusivement japonaise dans ce genre de décor. Et plus encore de se voir, servir, à la fin du repas (poisson pour Hawk et spaghetti aux champignons pour moi), une tasse de thé Lipton avec une rondelle de citron flottant à la surface.
La visite qui suit est assez rapide. Hawk teste les appareils photos et moi les différents modèles d’ordinateur portable Vaio. Je ne suis pas convaincue par leur esthétique, et il se peut donc que j’opte pour un MacBook au prochain renouvellement de mon outil de travail. Une nouvelle PSP doit sortir dans six jours ; elle est en démo au rez-de-chaussée. Hawk aimerait bien jouer avec mais il ne comprend pas comment ça fonctionne.
Nous nous mettons en quête de la Leica Gallery pour laquelle nous n’avons que des indications assez floues. Le hasard fait bien les choses : nous tombons sur le magasin Ito-Ya, mythique papeterie japonaise de huit étages dont je n’avais pas pris la peine de chercher l’adresse au préalable. Une séance de shopping plus tard, nous nous remettons en route. Le Matsushima Building tardant à se matérialiser, nous demandons notre chemin à un serveur qui n’en sait visiblement pas plus que nous. Il s’éloigne. Quelques minutes plus tard, au moment où je finis par réussir à déchiffrer notre plan, il revient vers nous et nous entraîne dans la direction que j’allais prendre. Encore une preuve de la légendaire serviabilité des Japonais.
Hélas, après toutes ces recherches, une plaque à l’intérieur du Matsushima Building nous apprend que la Leica Gallery est fermée depuis… décembre 2005. Nouveau fou-rire qui soulage un peu la tension de nos foirages successifs depuis le matin. En repartant vers le grand carrefour de Ginza, nous tombons sur un Apple Store. Leurs MacBook sont reliés à internet et j’espère un instant réussir à me connecter à Hotmail, mais que dalle. Grrr.
Après toutes ces déconvenues, je ne suis pas d’excellente humeur, mais fort heureusement, nous parvenons à localiser du premier coup la fameuse statue de Godzilla que Hawk tenait tant à voir. Séance de photos avec Régis et Ernest ; les badauds de la plaza se marrent bien en nous regardant.
Puisque nous maîtrisons désormais le métro, cap sur Roppongi où se situe le musée Mori. Dans le prix du billet est compris l’accès au Tokyo City View, un observatoire sympa bien que moins haut que celui de Sunshine 60. De là, on voit très bien la Tour de Tokyo rouge et blanche. Le gag, c’est qu’en arrivant à l’entrée du musée, nous nous apercevons que l’expo actuelle est consacrée, non pas à de jeunes artistes japonais hype comme je l’espérais, mais à… Le Corbusier. Faire un demi-tour de planète pour me balader à l’intérieur d’une reconstruction de la Cité Radieuse de Marseille où j’ai dormi deux nuits en… 1988 (argh, que le temps passe vite !), c’est quand même pas super malin. Ou alors c’est le comble du snobisme culturel ; j’hésite entre les deux. Juste avant la sortie, il y a bien une installation de Nishi Tatzu : deux horloges dont une projetée sur un immeuble du quartier et une peinte sur le mur dans lequel se découpe la porte de la salle ; les aiguilles de cette dernière fonctionnent et doivent barrer la route des visiteurs chaque fois que l’une d’entre elles passe devant le 7 inexistant. C’est assez mon genre d’art, mais il s’agit hélas de la seule installation de ce type dans le musée. Je ressors un tantinet frustrée.
Comme nous en avons plein les pattes, nous rentrons à Ikebukuro. Arrêt chez Tobu pour prendre de quoi petit-déjeuner demain. Alors que nous nous dirigeons vers la sortie, je retrouve par hasard la boulangerie pseudo-française de luxe qui fait des viennoiseries impossibles à identifier mais généralement bonnes dans le genre presque pas sucré. Nous en achetons trois pour un goûter tardif dans la salle commune du ryokan. Ma brioche fourrée aux morceaux de pomme semi-fondus se révèle être… un petit pain aux cubes de fromage. Décidément, c’est la journée des méprises et bévues en tout genre.
Nous montons dans la chambre rédiger nos journaux respectifs. La pause toilette de Hawk (2ème ou 3ème de la journée) entraîne une discussion assez scato sur mes propres difficultés de transit et m’inspire cette réplique fâchée : « je ne parle pas aux gens qui arrivent à faire caca en voyage ! ». L’exemple de Hawk doit pourtant me motiver, à moins que ça ne soit le numéro de Première emporté aux toilettes, car dix minutes plus tard je triomphe enfin de l’adversité gastro-intestinale. Peut-être devrais-je faire parvenir une interview de Jean Dujardin à M. Abe, l’ex premier ministre japonais qui a démissionné hier et été hospitalisé aujourd'hui pour « troubles gastro-intestinaux fonctionnels ».
Comme nous avons goûté tard, nous n’avons pas très faim. Renonçant à notre plan initial du petit resto de soba, nous passons au Family Mart chercher des plats que nous mangeons dans la salle commune du ryokan. A la caisse, je trouve et achète le n°18 de Nana qui vient juste de sortir. Une lessive à la main et un câlin de fin de soirée nous font de nouveau coucher à minuit passé.

dimanche 28 mai 2006

USA - New York (New York)

Réveil de plus en plus difficile – je sais, je me répète. Au petit déjeuner, je mange mon premier bagel/cream cheese du voyage, NY oblige. Nous prenons le métro pour aller à Battery Park. Comme c’est le Memorial week-end, la circulation des trains est modifiée ; nous devons changer de ligne en cours de route et finir en navette. Une queue monstrueuse serpente à travers le parc jusqu’au quai du ferry pour Ellis et Staten Island. Je comprends maintenant pourquoi le site internet spécule qu’il faut arriver deux heures à l’avance. Nous passons un contrôle de sécurité puis montons à bord.
Le trajet jusqu’à la Statue de la Liberté est assez bref. Par contre, nous sommes déçus de découvrir qu’on ne peut pas monter dans la couronne, mais seulement dans le piédestal. Re-contrôle de sécurité. Nous devons laisser nos sacs à dos dans un casier. Nous payons $1, bourrons soigneusement nos affaires dans un compartiment minuscule… Et lorsqu’il est fermé, je réalise que j’ai laissé les billets d’accès à la statue dans mon sac. Les autres ne savent visiblement pas s’ils doivent rire ou s’affliger de tant d’étourderie. Montée dans la statue : bof. Le seul intérêt, c’est qu’on a une assez bonne vue sur la skyline de Manhattan et de Brooklyn depuis le parapet. La plupart de nos photos, nous les prenons d’en bas. Nous sacrifions au passage obligé par la boutique de souvenirs (où les autres achètent chacun une statue en plastique… et où je me garde de tout commentaire). Puis nous mangeons sur une esplanade envahie de pigeons et de mouettes. Assez longue queue pour reprendre le ferry ; du coup nous sautons l’étape suivante – le musée de l’immigration -, ce qui m’arrange.
A terre, nous remontons jusqu’à Ground Zero à pied, puis reprenons le métro jusqu’à notre hôtel. Nous passons la fin de l’après-midi à nous balader dans les environs de la W34th St et atterrissons à Times Square au crépuscule. Un peu de shopping ( 1 T-shirt Roxy et 1 Hard Rock Café pour moi ; il me manque toujours la saison 2 de Dead Like Me mais le megastore Virgin ressemble à ceux qu’on a en France : si on y trouve n’importe quoi ou presque, tout est très cher).
Nous galérons pas mal au moment de chercher un endroit où manger « sain et pas trop cher » (lire « pas encore un fast-food, pitié ! ») – et quand nos pieds commencent à nous lâcher, nous entrons au hard Rock Café pour ma plus grande joie. Cocktail délicieux, Cobb salad pareille et un strawberry cheesecake à mourir de bonheur ; dommage que la musique (tout à fait mon style) soit beaucoup trop forte et file mal à la tête. Je repars avec un hurricane glass à l’effigie du HRC ; j’espère qu’il ne se cassera pas pendant le voyage de retour.
Nous terminons la journée vraiment sur les rotules. Surprise : notre chambre, la 722, n’a pas été faite dans la journée. Nous devons déménager dans la 723 car les femmes de ménage sont parties depuis longtemps.
NOS AMIS LES PEOPLE : Lu dans le journal ce matin qu’Angelina Jolie venait d’accoucher d’une fille prénommée Shiloh Nouvel – rien que ça !
(Photo : Lady Liberty)