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dimanche 14 mai 2006

USA - Yellowstone (Wyoming/Montana/Idaho)


Me suis réveillée avec le moral au 36ème dessous. Ai dit aux autres que je ne venais pas avec eux aujourd'hui. Ils sont allés déjeuner, repassés au chalet, puis partis faire à pied l’Observation Loop en me disant qu’ils reviendraient après pour prendre la voiture et voir si j’avais changé d’avis.
Je viens de boire un thé et de croquer une des pommes que nous trimballons depuis Denver. Là, j’hésite à aller me doucher. Projets pour la journée ? Ecrire à l’Homme. Acheter un T-shirt pour lui et des cartes postales pour une bonne douzaine de personnes. Ecrire les cartes postales. Me balader à pied dans les environs peut-être. Lire le bouquin d’Alice Hoffman acheté à Rapid City. (J’ai commencé « Chicken soup for the soul : stories for a better world » hier dans la voiture. Je n’avais pas lu de bouquin de cette série depuis des années et il ne m’emballe pas plus que ça pour l’instant. Incroyable quand même de voir que c’est le 101ème de la série… Ça, c’est un concept qui a fonctionné !)
*
Finalement, après un exposé larmoyant – encore ! – de mes griefs, je pars avec les autres à la découverte du parc. Nous admirons plein de geyser, fumeroles et mudpots multicolores. Mais peu de temps après avoir passé les derniers, alors que nous nous dirigions vers le nord, nous nous retrouvons coincés derrière un énorme troupeau de bisons qui marchent peinards sur la route, créant un embouteillage de plusieurs kilomètres. Il nous faut plus de deux heures pour réussir à les dépasser. Le soleil tape fort, nous avons très chaud dans la voiture et Autre Moi et Kris sont écarlates.
Arrêt déjeuner (vers 16h !) à Canyon Village où j’achète un chouette sweat rouge à l’Homme. Les autres prennent des hot-dogs, moi une soupe de poulet aux nouilles. Nous repartons assez vite pour aller voir le fameux canyon dans lequel se jettent des chutes très impressionnantes. Mammoth Point, au nord, est en revanche très décevant : une source morte à laquelle on accède par un millier de marches d’escalier – du moins, c’est ce qu’il semble quand on les monte. Quant aux geysers de Norris, lorsque nous les atteignons, la nuit est en train de tomber et ils ne rendent rien. Les arbres alentour ayant été calcinés par le grand incendie de 88 ( ?), le paysage fait même carrément sinistre au crépuscule. En plus il y a des bêtes féroces qui rôdent dans le coin, manquerait plus qu’on tombe nez-à-nez avec un ours.
Nous rentrons à Old Faithful et mangeons une nouvelle fois au restaurant de l’hôtel. Quand nous regagnons notre chalet, il fait très nuit, très froid et le ciel me donne le tournis. Je n’avais encore jamais vu autant d’étoiles, et si brillantes ! Impossible pourtant de retrouver le sentiment d’insignifiance qui me saisit d’habitude dans ces cas-là. Je ne pense qu’à une chose : il ne veut plus de moi.
LA PHRASE DU JOUR (prononcée par Junior sur un ton catastrophé) : « Les arbres, ils vont tous mourir de serritude ! »
(Photo: Mammoth Point, à Yellowstone)

samedi 13 mai 2006

USA - Cody, Yellowstone (Wyoming/Montana/Idaho)

Le coup de fil à Alamo ne donne rien, l’employée me soutenant que les frais prélevés à Autre Moi sont des extras qui n’avaient pu être réglés de France. Il faudra qu’elle se fasse rembourser au retour. Nous déjeunons et quittons le motel de Sheridan à 8h30. C’est moi qui prends le premier tour de conduite. La route passe d’abord par la forêt nationale de Bighorn, et pendant quelques dizaines de miles se succèdent des paysages très différents : pentes boisées qui me font penser au pied des Alpes, gorges avec succession de virages serrés et rivières dans le fond, falaises rouges, plaines jaunes…
Dans une petite agglomération où la vitesse est limitée à 30 mph (comme dans toutes les zones résidentielles), je me fais prendre en chasse par une voiture de police ! Un instant d’hésitation en entendant la sirène, puis je me range sur le côté. Une fliquette très amicale me demande mes papiers et ceux du véhicule. Elle me prévient que je roulais à 35 mph et que j’étais en train d’accélérer car elle a mis une minute à me rattraper (évidemment moi je croyais que je la gênais, alors je me dépêchais de sortir du passage). Puis elle vérifie que tout est en ordre et me laisse m’en tirer avec un avertissement. Du coup, je fais scrupuleusement attention et la suite du trajet me paraît très, trèèès longue.
Nous nous arrêtons pour déjeuner à Cody, la ville natale de Buffalo Bill, dans un resto de hot-dogs – pas moins de deux douzaines de sortes différentes, accompagnés de salade de pommes de terre et de vraie limonade. Miam. Apparemment, il y a un festival de cow-boys car nous voyons beaucoup de gens, enfants compris, avec des chapeaux à large bord et une démonstration (ou peut-être est-ce une vente aux enchères ?).
Junior prend le volant pour la seconde moitié du trajet. Nous arrivons assez vite à Yellowstone, qui n’a rouvert pour la saison qu’hier. Autre Moi nous avait dit de prévoir polaires, Damart et doudounes : finalement, il fait entre 56 et 68°F ! Le grand lac est encore plus qu’à demi gelé, et il reste de très épaisses plaques de neige sur les bords de la route, mais nous pouvons sortir de la voiture en gilet, voire en T-shirt.
Nous faisons un premier arrêt à West Thumb où nous suivons une passerelle en bois qui contourne un tas de bassins volcaniques – odeur de soufre et couleurs hallucinantes. Puis nous poussons jusqu’à Old Faithful, le célèbre geyser près duquel se trouve notre hôtel. Nous passerons les deux prochaines nuits dans un chalet en bois avec des lits en 140 (bad) et une table de cuisine + bancs (good). Pas de téléphone, pas de télé, mais on s’en fout. Nous admirons l’éruption du geyser, en faisons le tour, prenons quelques photos, fouillons la seule boutique encore ouverte et rentrons au chalet pour l’apéro.
Passage au bar de l’hôtel pour attendre qu’une table se libère au resto. Je goûte la Mike’s Hard Lemonade, une sorte de limonade alcoolisée pas mauvaise du tout. Le repas se passe plutôt mal de mon point de vue : vilaine impression que je vais exploser à cause de la quantité de nourriture ingérée (j’ai pourtant laissé la moitié de mon « Montana legend burger) »), vannes assez lourdes de Kris et d’Autre Moi, et couple d’âge mûr assis à la table voisine qui me fait penser à tout ce que l’Homme et moi ne deviendrons pas. Il apprécierait ce voyage bien plus que moi… Nouvelle crise de larmes dans la salle de bains du chalet. Je sais que c’est normal d’être triste mais j’ai vraiment du mal à gérer ce sentiment horrible de gâchis.
(Photo: bassin de soufre à Yellowstone)