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vendredi 23 avril 2010

Japon - Tokyo (Ueno)


Nos journées démarrent de plus en plus tard; à ce rythme-là, nous n'aurons aucun décalage horaire à rattraper à notre retour à Bruxelles!

Comme il pleut encore, nous avons décidé de nous faire une journée musée, en débutant par le Tokyo National Museum dont Marion et Cie nous ont dit le plus grand bien. Et tant qu'à passer par la gare de Ueno, pourquoi ne pas déjeuner au Hard Rock Café, même si j'ai déjà "fait" celui-là deux fois? Chouchou n'est pas très difficile à convaincre. Mon passage obligé à la boutique se solde par l'achat d'un T-shirt noir à manches courtes avec logo strassé. Au resto, pour changer de ma traditionnelle salade Cobb, je commande la blackened chicken pasta - très bonne, mais trop bourrative pour prendre un dessert après. Tant pis pour le délicieux cheesecake du HRC!

Le Tokyo National Museum abrite une collection immense répartie sur quatre bâtiments, sans doute impossible à voir en une journée. Nous concentrons nos efforts sur le Heiseikan dont le premier étage accueille deux expositions temporaires:
- une collection d'objets militaires et domestiques ayant appartenu à la lignée Hosokawa;
- une collection d'art zen et bouddhiste rassemblé par un shogûn aux goûts plus raffinés que la moyenne.
Les conditions pour dessiner ne sont pas idéales; il y a bien des sièges, mais ils sont trop loin des pièces exposées, et je ne me vois pas du tout m'asseoir par terre comme je l'avais fait à Marrakech l'an passé! Néanmoins, j'arrive à croquer une armure de samouraï avec son casque, un masque de nô et une tsuba en forme d'aigrette.

Encouragée par ces modestes succès, j'entraîne Chouchou au rez-de-chaussée du bâtiment où se trouve la collection archéologique du musée. Celle-ci retrace les premiers échanges culturels entre le Japon et ses voisins immédiats, notamment la Corée. Elle contient de nombreux haniwa ou figurines mortuaires en terre cuite qui me fascinent. En sortant, nous tombons sur une salle remplie de tampons où il est possible de confectionner ses propres cartes postales en forme de kimono. Evidemment, je dédaigne les modèles proposés pour barbouiller plutôt une double page de mon fidèle carnet Moleskine.

Nous passons ensuite au bâtiment Honkan, ou "galerie du Japon". C'est là que sont exposées les trésors historiques les plus typiques du pays: sabres, estampes, statuettes de Bouddha, services à thé... Cela nous intéresse moins et de plus, je sens venir mon coup de barre du milieu d'après-midi. Il est particulièrement violent aujourd'hui, aussi renonçons-nous à notre projet d'aller visite l'aquarium de Sunshine City pour rentrer au ryokan à 16h15 seulement.

Plus tard, nous ressortons pour explorer la librairie de Tobu et nous acheter à manger: encore des gyoza, et de la soupe miso instantanée. Puis nous restons assez tard dans la salle commune à discuter avec le couple été-automne que nous avons croisé au musée cet après-midi. Ils nous conseillent une application iPhone pour identifier les kanji que Chouchou s'empresse de télécharger, et aussi une chouette collection de petits bouquins illustrés sur le Japon. C'est une soirée très sympa. Lors des séjours précédents, j'avais un peu discuté avec les autres clients du ryokan, mais pas autant. Là, la connexion wifi disponible seulement au rez-de-chaussée fait que l'on s'attarde dans la salle commune au lieu de remonter dans sa chambre sitôt la dernière bouchée avalée. Les conversations avec le couple été-automne, mais aussi avec la carnettiste cannoise et son mari ou la naturopathe "spécialiste des femmes" venue donner un séminaire à Tokyo feront partie de mes meilleurs souvenirs de ce voyage ^^

Demain, c'est le dernier jour. Je suis un peu triste mais aussi très fatiguée, et j'ai hâte de reprendre le boulot pour me reposer de ces vacances!

lundi 19 avril 2010

Japon - Enoshima, Hase, Kamakura


Ce matin, après avoir discuté dans la salle commune du ryokan avec un couple de Cannois dont l'avion a été annulé avant-hier et avec le couple été-automne dont nous avons appris qu'ils pratiquaient le iaido pour lui et l'aïkido pour elle, nous prenons un train de la Shôshan-Shinjuku Line (qui fait partie du réseau JR, de sorte que nous ne payons pas nos billets) pour nous rendre jusqu'à Fujisawa, près de la côte Pacifique. Le voyage dure à peu près une heure et une fois de plus, je suis ravie de la passer à regarder défiler le paysage par la fenêtre.

De Fujisawa, un joli trolley qui longe la côte jusqu'à Kamakura nous dépose à Enoshima, premier arrêt de notre parcours. Nous marchons vers l'île de l'observatoire sous un soleil tiède juste comme il faut; c'est la première fois depuis notre arrivée que je porte un T-shirt manches courtes (ce sera aussi la seule). Tous les restos locaux ne servant que des plats à base de poisson, nous options pour des menus garnis de friture que je transvase soigneusement dans le bol de Chouchou: je ne mange rien dont je vois les yeux.

Malgré l'existence d'un escalator incongru en ce lieu (et payant), c'est à pied que nous montons jusqu'à l'observatoire qui surplombe l'île - une sacrée grimpette! Là-haut, nous sommes surpris de voir un très grand nombre de faucons raser la tour. Puis nous remarquons les panneaux qui mettent en garde contre eux. C'est toujours plus classe que les mouettes, et moins bruyant aussi. En redescendant, j'aperçois un marchand de théières et de tasses dans une ruelle minuscule, et craque finalement pour un petit modèle en terre cuite avec un hibou sur le dessus.

Nous rebroussons chemin jusqu'à la station de trolley et poursuivons sur la même ligne jusqu'à Hase. Là, nous visitons d'abord le Hasedera Temple dédié à Kannon, déesse tutélaire du Japon. Des milliers de petites statues la représentant s'alignent dans un coin, c'est assez impressionnant. La fameuse grotte où elle se serait manifestée autrefois est très basse de plafond par endroits; je dois marcher pliée en deux dans certains tunnels. Ici aussi, quantité de figurines ont été déposées dans les anfractuosités de la roche. Dommage qu'il fasse trop sombre pour prendre des photos décentes. En même temps, contrairement à Chouchou, j'ai zéro spiritualité et ne suis pas vraiment sensible à l'atmosphère de ce genre de lieu.

Etape suivante: le fameux Bouddha, 13,40 mètres de haut pour plus de 120 tonnes. En sortant, je m'offre enfin une de ces superbes crêpes en cornet qui me font envie depuis 5 ans. J'éprouve un peu d'appréhension au moment de mordre dedans, mais elle est aussi bonne que si elle avait été préparée en Bretagne. Chouchou craque et en prend une aussi, mais ne pense pas à replier le fond de son cornet et se met de la sauce au chocolat partout sur les vêtements.

Re-trolley jusqu'à Kamakura où, longeant une rue commerçante dans laquelle nous tombons sur un magasin exclusivement dédié aux goodies Ghibli, nous poussons vers le temple shintoïste Tsurugaoka Hachimangu. Je commence à en avoir plein les pattes, mais nous prenons quand même le temps de rédiger une plaquette votive au nom de Régis: "Paix sur la Terre...", commence Chouchou. C'est moi qui termine: "...et fâmâpoâls!".

Le retour en train me paraît beaucoup plus long que l'aller, sans doute parce que c'est l'heure de pointe et que je suis fatiguée. Nous achetons des plats à emporter au Tobu et les mangeons au ryokan. Pendant le repas, nous discutons avec un couple de Belges qui avaient déjà engagé la conversation hier soir et dont le vol de retour a été annulé. La situation semble s'améliorer en Europe avec la réouverture de plusieurs aéroports dont ceux du sud de la France. Nous croisons les doigts.

vendredi 8 mai 2009

Maroc - Marrakech


Nous nous levons tôt ce matin pour faire l'ouverture du jardin Majorelle, attenant à la propriété de feu Yves Saint-Laurent et son compagnon Pierre Bergé. Lorsqu'Antonia veut nous prendre des billets couplés avec la visite du musée de l'Islam qui se trouve à l'intérieur, on lui répond que celui-ci est fermé pour rénovation. Les hommes en noir ont encore frappé... Un premier tour d'horizon, puis chacune d'entre nous se choisit un sujet de dessin et un endroit où s'asseoir. Je m'installe face à l'entrée du fameux musée de l'Islam dont la porte m'inspire. Mais les couleurs sont difficiles à rendre; je n'ai pas d'éléments solides pour border convenablement mon aquarelle et les touristes de plus en plus nombreux font bouger le banc sur lequel je suis assise ou regardent par-dessus mon épaule et commentent sans la moindre gêne, ce qui me donne envie de mordre au lieu de continuer à peindre. Je me recroqueville sur mon carnet comme une élève de primaire qui veut empêcher son voisin de copier sur elle.

Avec tout ça, je salope un tracé au feutre pourtant assez réussi. Je suis en train de désespérer quand deux gardiens m'abordent gentiment et engagent la conversation. La jeune femme est originaire d'Essaouira et ravie quand je lui dit que j'ai beaucoup aimé cette ville; je lui montre l'aquarelle que j'en ai faite et elle pousse des exclamations enthousiastes. L'homme est peintre à ses heures perdues, visiblement beaucoup plus doué que moi. Il me donne quelques trucs, change l'eau sale de mon gobelet et m'aide à faire un mélange pour rendre au mieux la couleur des fleurs de bougainvillée. Je lui dis que je suis là avec un groupe, et il s'avère qu'il connaît Antonia: il a même sa carte dans son portefeuille! Malgré mon dessin raté, je suis toute contente de cette rencontre.

Je retrouve le reste du groupe à la sortie, et nous nous dirigeons sous un soleil de plomb vers le Guéliz, un quartier moderne de Marrakech. Effectivement, le contraste avec la medina est énorme. A l'extérieur du rempart, les rues sont moins décrépites et plus propres mais considérablement plus occidentalisées et dénuées de charme - ou d'ombre, en raison de leur largeur. Je ne tarde pas à mourir de chaud et de soif, mais vu que nos doyennes Doris et Geneviève avancent sans piper mot, je trouverais un peu indécent de me plaindre. Tout de même, il doit faire dans les 40° et un petit Coca light serait le bienvenu... Mais avant d'atteindre le café où nous sommes censées déjeuner, Antonia marque un arrêt dans le magasins de sacs dont elle m'avait vanté la beauté. A l'intérieur, que des copies de grandes marques; je reconnais notamment mon Darel bien-aimé, plus le Charlotte à nouettes qui fut la coqueluche des fashionistas il y a deux ans, et le Marc Jacobs qui dort dans ma penderie depuis quatre ans et demie. Le cuir est joli mais je ne suis pas tentée du tout. Par contre, le propriétaire qui (refrain habituel) connaît bien Antonia veut absolument lui acheter le carnet de voyage en noir et blanc qu'elle a réalisé lors de son précédent séjour à Marrakech. Antonia refuse en arguant de la valeur sentimentale de ce carnet, et il finit par lui faire cadeau du petit sac rouge qu'elle voulait acheter "pour la récompenser de son talent". Antonia, c'est la version live de la blogueuse influente finalement.

Nous nous installons au Solaris pour manger de grandes salades. Le pain qu'on nous apporte est rassis, et quand Antonia demande au serveur de nous le changer, celui-ci nous prend de haut, genre "elles sont bien difficiles les touristes cette année". Antonia insiste, et il s'exécute de mauvaise grâce. Un peu plus tard, il nous apporte en cadeau une soupe qui a un sale goût de beurre rance et à laquelle la plupart d'entre nous ne touchent pas. Les salades sont correctes, mais nous les avons attendues trois plombes. Idem pour mon dessert (une magnifique salade de fruits) et les jus ou cafés des autres filles. Nous réglons sans laisser de pourboire. Pendant que j'attends Antonia partie aux toilettes, le serveur commence à débarrasser notre table en grommelant, et je crois bien l'entendre nous insulter.

Nous repartons vers la medina, toujours sous un soleil de plomb (nous apprendrons plus tard qu'il faisait 40° à Marrakech cet après-midi). Au niveau des remparts, nous nous arrêtons au centre artisanal où les articles sont plus chers que dans les souks et où on ne peut guère marchander. Je fais quand même l'emplette d'une mignonne boîte en cuir vieux rose avec un dromadaire embossé sur le dessus, qui sera parfaite pour mettre mes bagues, et d'une troisième paire de babouches (heureusement que je ne comptais pas en acheter). Soudain, en fouillant dans mon sac, je réalise que je n'ai pas mon appareil photo. La dernière fois que je l'ai vu, c'était sur la table du Solaris. Et vu la façon dont ça s'est passé avec le serveur, celui-ci aura sûrement empoché mon Lumix. Adieu, les centaines de jolies phoos prises depuis le début de la semaine! J'en pleurerais. D'ailleurs, j'en pleure un peu. Antonia me rassure: "Les Arabes ne sont pas voleurs: Allah les regarde". Et Valérie utilise gentiment son téléphone (je n'ai plus de crédit dans le mien) pour appeler le Solaris et demander s'ils n'auraient pas trouvé mon appareil photo. Réponse: si!!! Décidément, la chance sourit aux étourdies (renseignements pris, il semble qu'aucune opération frauduleuse n'ait été réalisée à l'aide de ma carte Visa oubliée vendredi dernier dans un distributeur).

Nous repassons au riad boire un thé et nous reposer un peu, puis Antonia et moi retournons en taxi au Solaris pour récupérer mon Lumix. Le soir, nous dînons d'un couscous pas extraordinaire, et en dessert, nous avons droit à deux petits verres remplis, l'un de lait de fraise, l'autre de lait d'avocat, tous deux parfumés à la cannelle. En France, je dirais "J'aime pas" et je n'y toucherais pas. Là, je goûte et je trouve ça délicieux. Il va décidément falloir que je revoie mes préjugés - tous mes préjugés - à la baisse.

jeudi 7 mai 2009

Maroc - Essaouira, Sidi Kaoki


Les msemen du Palazzo Desdemona ne valent pas ceux de Fatma, mais enfin ils devraient nous tenir au corps jusqu'à midi. Nous partons nous promener sur au et pied des remparts d'Essaouira. Le temps est toujours aussi magnifique, bien qu'un peu frisquet en ce début de matinée, et la lumière très belle appelle les photos - mais gare au contre-jour! Les ruelles que nous longeons sont presque désertes; quel contraste après l'agitation de Marrakech... Nous repérons deux belles portes côte à côte et nous arrêtons pour les dessiner. Je m'assois en tailleur à même le sol; Antonia a apporté son siège pliant et d'autres filles squattent une marche devant l'entrée de la maison d'en face. Comme une gourde, j'utilise le mauvais feutre, celui qui a la pointe ultra-fine mais dont l'encre n'est pas résistante à l'eau. Je ne pourrai donc pas aquareller mon croquis avec le fameux bleu d'Essaouira.

Achetant au passage quelques menues babioles pour touristes (mini-babouches, cartes postales, foulards...), nous nous dirigeons ensuite vers la place du marché aux grains où nous sommes déjà passées hier. Nous nous asseyons à la terrasse d'un salon de thé baptisé "Au bonheur des dames", où nous sirotons de délicieux cocktails de fruits. Puis les autres filles se remettent à dessiner, et comme je commence à saturer un peu, je pars me promener dans les environs. Je récupère les babouches achetées hier (désormais munies d'une semelle à ma taille) et retourne seule à la galerie des bijoutiers. Comme je m'enquiers du prix de la bague en forme de fleur qui me plaît tant, et demande à combien il me fait les deux si je lui prends aussi un joli pendentif d'ambre à la monture d'argent délicate, le jeune marchand m'invite à m'asseoir dans sa minuscule boutique et part nous commander un thé à la menthe. En attendant l'arrivée de celui-ci, nous bavardons pendant qu'Abdou nettoie les bijoux de sa vitrine. Il me pose des questions sur mon pays et me demande comment je trouve Essaouira. Evidemment, je n'ai que du bien à en dire. La conversation s'éternise et je crains que les filles ne s'impatientent sur la place, d'autant que nous avons rendez-vous avec notre chauffeur en fin de matinée. Abdou veut que je vienne manger un tajine chez lui ce soir; je lui réponds que je repars aujourd'hui même et me retiens de lui faire remarquer que je pourrais être sa mère. Au final, j'obtiens les deux bijoux qui m'intéressent pour 620 dh au lieu des 680 initialement annoncés, et Abdou m'offre en plus deux petits pendentifs (une babouche et une Khamsa, ou main de Fatima). J'ai passé un moment sympa en sa compagnie et j'en suis toute contente.

A midi et demie, après être repassées à l'hôtel pour récupérer nos bagages, nous retrouvons Rachid et son minibus à l'extérieur des remparts. Une petite heure de route nous conduit à Sidi Kaoki (prononcer Kaouki), un spot de surfeurs assez connu. Nous ne sommes pas là pour mater du muscle huilé, cependant, mais pour dessiner le marabout que la marée haute nous interdit malheureusement de contourner afin de nous placer de son côté le plus lézardé. Après avoir avalé les sandwichs apportés avec nous d'Essaouira, nous nous installons à la terrasse d'un café qui offre une vue moins spectaculaire mais néanmoins satisfaisante sur ledit marabout. Je dessine sur une feuille de mon vieux livre écrit en arabe, utilisant de la gouache blanche pour les faces ensoleillées du bâtiment. Le résultat me plaît bien même s'il coûte la vie à mon verre de Coca projeté à terre par un coup de coude malencontreux.

Vers 15h30, nous reprenons le chemin de Marrakech. Cette fois, le trajet me semble très long. Il fait beaucoup plus chaud qu'à l'aller et avec les vitres ouvertes (le minibus n'est bien entendu pas climatisé), nous avalons beaucoup de poussière et de fumée d'échappement. Les yeux me piquent et le temps se traîne. Nous faisons une halte dans un café où on nous sert un litre de jus d'orange chacune - ce sera un miracle si nous arrivons à dormir ce soir. Le propriétaire demande si nous voulons qu'il rajoute du sucre et s'entend répondre un "non!" choral et retentissant.

Nous sommes rentrés au riad Sahara Nour largement à temps pour le dîner, qui se compose d'une soupe et d'un tride: un plat marocain à base de msemen, de lentilles aux oignons et de poulet. Je me serais bien passée des lentilles qui alourdissent inutilement l'ensemble, mais je suis fan du msemen utilisé comme des pâtes. Après le dessert, nous discutons très tard et rigolons encore pas mal, espérons que ça facilitera notre digestion!

mercredi 6 mai 2009

Maroc - Essaouira


Aujourd'hui, je suis obligée de me lever à 6h30... mais en récompense de mes efforts, j'ai droit à une douche chaude, la première depuis mon arrivée au Maroc. Après un petit-déjeuner rapide, nous partons en minibus, direction Essaouira. 200 km à peine séparent cette ville côtière de Marrakech, mais ici, on ne peut pas rouler très vite, et le trajet est censé prendre trois bonnes heures. Comme je suis souvent malade en voiture, je monte à l'avant avec Rachid notre chauffeur et Antonia. Nous sommes un peu serrés mais il ne fait pas trop chaud, alors ça va. Les abords de la nationale sont plutôt désertiques dans l'ensemble, mais nous marquons deux arrêts en chemin: le premier dans un café pour boire quelque chose de frais (= un jus d'oranges locales délicieux et ridiculement bon marché), le second dans une coopérative de femmes qui fabriquent de l'huile d'argan alimentaire et cosmétique. L'argan ne pousse qu'au Maroc et depuis que le reste du monde se passionne pour ses vertus, c'est devenue une ressource importante dans ce pays. Une "guide" nous débite un petit laïus appris par coeur - mais néanmoins intéressant - sur la fabrication de l'huile. Nous avons également la possibilité de goûter celle-ci avec de petits morceaux de pain. Conquise par son goût qui rappelle vaguement la noisette, j'en achète une bouteille pour parfumer mes salades estivales. Pour ce qui est de la cosmétique, ayant la peau grasse à la base, je juge inutile d'en rajouter une couche.

Nous arrivons à Essaouira en fin de matinée. Les palmiers et l'odeur d'iode me donnent l'impression d'être de retour au bord de la Méditerranée (alors que nous sommes sur l'Atlantique, comme me le rappelle Valérie). On m'a dit et répété que cette ville était assaillie par le vent et que beaucoup de gens trouvaient ça pénible. Nous avons de la chance: aujourd'hui, il n'y a qu'un souffle d'air en provenance du large, juste de quoi tempérer la chaleur du soleil. Nous passons déposer nos bagages au Palazzo Desdemona où nous devons dormir ce soir. Ma chambre est perchée très haut et bien entendu, il n'y a pas d'ascenseur: ça me fera toujours éliminer quelques-unes des calories de la cuisine de Fatma. Pour le déjeuner, nous nous dirigeons vers l'enfilade de restaurants de poissons et de coquillages situés près du port. Antonia marchande dur le contenu et le prix de notre plateau. N'étant pas fan de bêtes à coquille, je mange assez peu - et refile les restes à une minuscule chatte tortie qui erre entre les jambes des clients. Elle est si mignonne que je l'emmènerais volontiers. Les matous errants ne doivent pas vivre bien vieux ici...

Après avoir acheté une glace à l'italienne (pas très couleur locale mais délicieuse) et bu un thé à la menthe (what else?) sur la terrasse du Tarus, nous nous dirigeons vers le port proprement dit. Nous espérons trouver des éclats de peinture issus des célèbres barques bleues d'Essaouira pour les coller dans nos carnets, mais la récolte est maigre. En revanche, mon Lumix s'en donne à coeur joie avec cette lumière et ces couleurs sublimes. Puis nous nous asseyons sur un muret pour dessiner, qui la silhouette de la ville, qui les barques ou les mouettes (en essayant d'éviter les déjections dont elles bombardent le coin). Très appliquée sur mon aquarelle, je ne vois pas le temps passer mais suis encore la dernière à finir.

Après ça, Pascale et Doris décident de partir de leur côté pendant que le reste du groupe se met en quête d'une tannerie recommandée par Mohamed Boustane hier. Très vite, nous sortons des quartiers à touristes et nous engageons dans une avenue où la large chaussée n'est que gravier et poussière, ponctuée ça et là par quelques tranchées d'évacuation des eaux usées. Le coin est presque désert et ressemble vaguement à Beyrouth. Nous marchons assez longtemps. A trois reprises, nous demandons notre chemin à des Marocains qui ne comprennent pas ce que nous cherchons et nous indiquent des directions farfelues. Enfin, Geneviève a la bonne idée d'alpaguer un monsieur qui vient de démarrer sa voiture. Celui-ci nous conduit très gentiment à notre destination et nous sert même d'interprète avec le tanneur, un vieil homme prénommé Larbi qui ne parle pas un mot de français. Jamais je n'aurais cru qu'un endroit aussi décrépit et bordélique puisse abriter une entreprise.

Pendant qu'Antonia, Valérie et Geneviève examinent une tripotée de peaux de chèvres naturelles ou teintes en rouge dans un minuscule réduit sans lumière, j'observe une fois de plus les jeux des chats errants qui pullulent dans les allées. J'essaie de les prendre en photo, mais c'est drôlement vif ces bestioles! Les achats effectués, notre interprète s'éclipse et les filles tentent de prendre congé. Mais Larbi n'en a pas fini avec nous. Des troupeaux d'étrangères, il ne doit pas en voir débarquer tous les jours, et il veut prolonger le moment au maximum. Il nous montre les différentes étapes de la fabrication des peaux: foulage aux pieds dans des cuves, teinture, séchage sur cadre... Il accepte même de poser, hilare, avec Régis, Valérie, Sylvie et une de ses peaux. Une chouette photo viendra témoigner de cette rencontre hors du commun.

Sur le chemin du retour, pour nous remettre de nos émotions, nous effectuons quelques emplettes, notamment des babouches en raphia chez un marchand qu'Antonia connaît bien (d'ailleurs, je vais finir par croire qu'elle connaît tout le monde ici; c'est hallucinant le nombre de gens qui l'interpellent dans les souks). Dans la galerie des bijoutiers, je craque pour une très jolie bague en forme de fleur, mais malheureusement la boutique est déjà fermée. Qu'à cela ne tienne: un peu plus loin, je repère une autre bague en ambre verte, dans une boutique ouverte cette fois. Avec l'aide d'Antonia, je l'achète pour 280 dh. Puis nous rentrons retrouver les autres à l'hôtel.

Pour notre repas du soir, nous choisissons un resto qui propose les mêmes plats que tous les autres établissements de la rue mais dont la déco nous inspire. Effectivement, l'intérieur est très joli, mais le serveur a la célérité d'un escargot neurasthénique et la bouffe est plus que médiocre. Je ne prends pas de carte de visite.

mardi 5 mai 2009

Maroc - Marrakech


Aujourd'hui, nous restons au riad pour un cours de calligraphie avec Mohamed Boustane. Nous travaillons toute la matinée dans le salon où François nous a installé une table un peu trop petite et à la suface pas vraiment plane. L'outil utilisé pour la calligraphie arabe est un bambou à la pointe taillée en biais, appelé "calame", que l'on doit tenir selon un angle de 45°. L'encre utilisée est du brou de noix délayé dans de l'eau (mais on peut aussi se servir d'acajou ou d'autres produits de différentes couleurs). Mohamed nous fait faire tout un tas d'exercices à base de points pour maîtriser la tenue et le maniement du calame. Puis nous passons aux lettres et aux mots. C'est très difficile de faire des pleins et des déliés propres en allant de droite à gauche et en appuyant juste le nécessaire pour déposer la bonne quantité d'encre sans jamais tomber en panne sèche au mauvais moment. Nos bambous grincent sur le papier blanc tandis que nous nous appliquons avec plus ou moins de succès.

Nous nous interrompons pour déjeuner. Pendant le repas (un tajine de boeuf suivi de rondelles d'orange à la cannelle, of course...), Mohamed nous raconte l'histoire de son père qui voulut faire la révolution, fut envoyé en prison et lui donna un jour le conseil de ne jamais se mêler de politique. Depuis, il vit en retrait des affaires du monde en ne se préoccupant que de son art. Il est très branché spiritualité et a un discours tellement mystique que j'ai du mal à comprendre ce qu'il raconte. Je connais le sens des mots pris individuellement, mais les phrases qu'il forme avec ne signifient rien pour moi. "La calligraphie est au-dessus de la séduction", par exemple. Ou "Je suis le point en dessous du b; sans moi, la lettre b ne peut se réaliser". Gni? Mais c'est un vrai personnage et, incontestablement, un artiste très doué.

L'après-midi, nous nous installons sur la table de la terrasse, beaucoup mieux éclairée et plus confortable que celle du salon. Par contre, il y fait un peu chaud et notre attention ne tarde pas à retomber. Mohamed doit le sentir, car il nous propose un petit jeu assez rigolo: faire des empreintes de nos mains. Il commence par badigeonner une feuille de papier aquarelle avec le brou de noix dont nous nous servons pour écrire. Lorsque l'encre est sèche, il nous enduit une main avec de l'eau additionnée de très peu de brou de noix. Puis il nous fait appuyer cette main très fort sur la face teintée du papier, pendant quelques secondes, avant de la retirer d'un coup. Le résultat est très chouette. Une fois l'empreinte sèche, il est possible d'écrire dessus ou autour en utilisant un calame trempé dans de l'eau de Javel. Je me livre à quelques essais peu satisfaisants, que je recouvre de brou de noix pour les faire disparaître.

Vers 17h30, Mohamed nous quitte, non sans avoir gentiment sacrifié au rituel de la photo avec Régis. Nous travaillons un peu sur nos carnets. François se décide enfin à tester ma douche et à reconnaître que non, je ne suis ni folle ni stupide: il n'y a effectivement pas d'eau chaude dans ma salle de bain. Mieux vaut tard que jamais, hein. Comme solution, il me donne les clés de la chambre d'en face, actuellement libre. Là, il y a bien de l'eau chaude... mais qui coule au goutte-à-goutte. Génial.

Le soir, nous partons dîner sur la fameuse place Jemma El Fna (sans Doris qui, fatiguée, a préféré rester au riad pour se reposer, d'autant que ce n'est pas son premier séjour à Marrakech). Des tas d'échoppes démontables proposent brochettes et grillades de viande ou de poisson. Nous nous installons à la 81 qu'Antonia a déjà testée sans que personne dans son groupe soit malade le lendemain. Nous commandons des frites pas terribles, des aubergines trop grasses, des épinards qui ressemblent plutôt à des salicornes et des brochettes de mouton franchement moyennes. Mais on s'en fout: l'ambiance est sympa, l'addition légère, et on passe un bon moment. Après ça, nous jetons un coup d'oeil aux différents artistes de rue qui se produisent un peu plus loin, mais ils sont assez peu nombreux ce soir et aucun ne retient vraiment notre attention.

samedi 2 mai 2009

Maroc - Marrakech


Levée à 5h30, glups! Chouchou m'accompagne courageusement en voiture à l'aéroport. Le premier vol Bruxelles-Madrid se déroule sans histoire; je passe le plus clair du temps à dormir. Par contre, une fois à Madrid, je m'aperçois que ma carte Visa ne se trouve pas à sa place habituelle dans mon portefeuille. En réfléchissant, je réalise que j'ai dû l'oublier hier dans le distributeur de la place Jourdan où j'ai retiré des sous à changer à mon arrivée. Légère panique. J'appelle Chouchou pour lui demander de faire opposition, mais il a pu s'en passer des choses ces 17 dernières heures... Au pire, je pense que mon assurance devrait me rembourser. J'essaie de ne pas me laisser gâcher mon début de vacances, mais pour une angoissée naturelle comme moi, ce n'est pas évident.

L'avion d'Iberia Airlines se pose à Marrakech à 12h20 heure locale (14h20 en France). Le contrôle des passeports s'éternise. Dans le hall des arrivées, je retrouve Majoub, le chauffeur de taxi envoyé par le riad, un adorable vieux monsieur à moitié édenté qui conduit une minuscule Fiat pourrie et répond gentiment à toutes les questions dont je le bombarde. Sur le chemin, les massifs de roses et les nombreux arbres fleuris qui bordent les remparts d'ocre rouge de la medina me font pousser des cris de ravissement et oublier ma contrariété. Il fait très beau et ce premier contact avec le Maroc me remplit d'excitation.

Le riad se trouve à l'intérieur de la medina (vieille ville). Nous nous garons sur une petite place devant la mosquée Bab Doukkala et remontons à pied un derb (venelle) désert, dont quelques maisons se sont écroulées et offrent un spectacle assez peu engageant. En revanche, le riad Sahara Nour lui-même est somptueux, une véritable oasis de fraîcheur et de beauté au milieu de cette décrépitude. Je fais la connaissance de Samira, la très gentille gouvernante, puis de François, le propriétaire. Je suis la première arrivée. N'osant pas me lancer seule et avec un plan plus que sommaire dans le dédale de la medina, je m'installe dans le patio pour boire un thé à la menthe, me vernir les orteils (tongues power!) et commencer à dessiner.

Valérie (3 enfants, habite un village près de Montpellier, bosse dans le service informatique d'une grande banque) me rejoint vers 19h. Je suis affamée et fais honneur au repas du soir: salades de tomates, de courgettes et d'aubergines, poisson grillé avec haricots et pommes vapeur, salade de bananes et d'oranges à la cannelle (!). Vers 21h30, je vais me coucher avec "Heart and soul", le dernier Maeve Binchy dont je comprends assez vite qu'il ne va pas m'emballer. Les autres filles ne sont toujours pas là: une a raté son avion et doit attendre le suivant, deux autres sont retardées jusqu'à... 5h du matin!

mardi 12 juin 2007

USA - Sedona, Phoenix (Arizona)

Au petit déjeuner, dans le resto du trading post où nous avons passé la nuit, nous côtoyons toute une bande de bikers qui font visiblement leur propre road trip. Hommes et femmes mélangés, à vue de nez personne de moins de 60 ans, et même une dame handicapée. Ils portent des T-shirts Harley de boutiques éparpillées à travers tout le pays et bavardent joyeusement devant leurs pancakes. Je les trouve géniaux. J’espère qu’à leur âge, je me taperai toujours ce genre de délire.
Nous reprenons la route. Le midi, nous faisons halte à Sedona, une petite ville adorable que nous avions visitée au pas de course il y a deux ans, pendant notre voyage organisé. Cette fois, nous nous y attardons trois bonnes heures. Nous mangeons sur la terrasse ombragée d’un restaurant, sous des brumisateurs qui luttent efficacement contre la chaleur sèche de l’Arizona. Mon wrap végétarien et sa salade de pâtes sont délicieux ; les buffalo burgers + frites de patates douces des autres ne semblent pas en reste. Estomac rempli, nous nous baladons dans les boutiques de la grande rue. Dans un magasin de souvenirs, un vendeur plus gay que gay confond le dodo d’Isa avec un flamant rose. Hum. J’achète des Converse revisitées avec un dragon de manga imprimé sur le côté, un carreau/dessous de plat sur lequel figure Kokopelli (personnage récurrent de la mythologie indienne), un torchon route 66 et un T-shirt Harley lacé dans le dos qui devrait plaire à mon chéri. Il est déjà tard quand nous repartons, et Junior veut voir des cactus. Nous suivons les indications données par un gentil monsieur du visitor center de Sedona mais ne trouvons pas vraiment Saguaro Forrest. Junior doit se contenter de poser à l’arrache sur le bord d’une route devant un cactus tout desséché et à moitié bouffé par les bestioles.
Vers 19h30, nous arrivons à notre motel de Phoenix. Grand, plutôt haut de gamme, avec des lits super hauts dans les chambres – je dois littéralement faire de l’escalade pour grimper dessus. Kris ayant repéré à proximité un grand mall qui ferme à 21h30, nous repartons aussitôt. Le problème quand on est 4, c’est qu’on ne veut jamais voir les mêmes magasins. Je réussis néanmoins à trouver un jeu Mario pour ma DS et, quelques minutes avant la fermeture, un Levis à $26.99. Les autres n’ont pas faim ; je me prends un truc à emporter chez un traiteur chinois et le mange dans notre chambre. Piscine pour les autres, internet pour moi : on ne change pas une recette gagnante.
(Photo: abords de Sedona)

lundi 11 juin 2007

USA - Monument Valley (Utah/Arizona/Nouveau-Mexique/Colorado)


Nous repartons du Canyon de Chelly sous un ciel couvert. Il n’y a que deux heures de route jusqu’au village de Mexican Hat, dans l’Utah. A notre arrivée, la chambre n’est pas disponible. Nous déposons nos bagages dans un local fermé à clé, puis nous nous dirigeons vers MonumentValley. Au début, je ne suis pas très chaude à l’idée de passer la journée parmi des cailloux, si cinégéniques soient-ils. Nous commençons la visite par la fin, à savoir la boutique de souvenirs où j’achète essentiellement des trucs pour Xris.
Pour faire le tour du parc, deux options s’offrent à nous : 4x4 ou cheval. Autre Moi et Kris préfèrent la première, Junior et moi la seconde. Nous nous séparons donc. Vingt minutes de voiture pour atteindre John Ford Point où nos montures nous attendent. « The tall lady » (Junior) a droit à un grand mustang noir avec une tache blanche sur le front ; « the short lady » (moi) à un mustang noisette plus petit qui répond au nom de Charlie. Notre guide, un Navajo d’une vingtaine d’années, s’appelle Craig ; il porte des Converse et un T-shirt Guns’n’Roses : autant pour le folklore ! Il n’est pas très bavard ; il se contente de nous désigner les formations rocheuses et de les nommer au passage. N’empêche que c’est total kiffant de se retrouver à cheval au milieu de Monument Valley.
Au début, nous croisons quelques 4x4 dont les occupants nous font coucou, mais assez vite, il n’y a plus que nous trois et le désert. J’essaie de prendre des photos ; pas évident car je n’ose pas trop lâcher les rênes de Charlie. Je n’ai pas monté depuis longtemps et sans être hyper accidenté, le terrain est quand même bosselé, tantôt caillouteux tantôt sablonneux, avec de petites pentes. Nous traversons une dune par le biais ; sur notre droite, elle descend presque à pic et je ne suis pas très rassurée. Je traîne un peu en arrière, car Charlie ne semble pas connaître d’allure intermédiaire entre le pas d’escargot et le trot. Sur le retour, Craig nous fait pas mal trotter ; mon genou gauche endommagé par un accident de ski ne tarde pas à me lâcher, si bien que je passe la dernière demi-heure à me taper le cul sur la selle sans pouvoir me dresser dans les étriers pour suivre le mouvement. C’est douloureux mais ça vaut le coup : la balade est vraiment superbe. Junior et moi revenons enchantées.
Au visitor center, nous retrouvons Autre Moi et Kris qui arrivent juste et sont tout aussi enthousiastes. Leur guide, un Navajo du nom de Gary Hallyday, connaît bien Johnny et David Hallyday auxquels il a fait visiter le par cet sculpté une statue. Il les a emmenés dans des endroits spectaculaires, leur a expliqué le folklore de sa tribu, joué de la flûte, chanté des chants traditionnels indiens. D’ailleurs, nous le recroisons au resto où nous prenons un déjeuner tardif (il est 16h dans l’Utah) de burgers monstrueux. Il nous dit que ses homonymes se trouvent actuellement à Los Angeles et nous demande de les saluer de sa part si nous les croisons :)
Après le repas, nous partons faire le tour du parc en voiture, mais une pluie froide se met à tomber et nous ne nous attardons pas. Retour au motel de Mexican Hat. Notre chambre est équipée de deux grands lits + un petit et d’une immense douche aux parois transparentes et au sol carrelé. Une fois de plus la soirée passe vite ; nous jouons à Tetris et sautons le dîner car nous n’avons pas encore digéré le repas précédent.
(Photo: Monument Valley)

dimanche 10 juin 2007

USA - Petrified Forest, Canyon de Chelly (Arizona)


Au petit déjeuner, nous nous faisons aborder par un vieux monsieur qui nous a entendus parler français et se présente comme appartenant à l’association américaine des amis de Jules Verne, laquelle tient ce week-end sa réunion annuelle à Albuquerque. Il nous montre leur programme, les livres qu’il a édités à compte d’auteur, etc.
Nous partons pour la Forêt Pétrifiée. J’imagine une sorte de Brocéliande changée en pierre. Grosse déception. C’est une plaine typique de l’Arizona : terre rouge, mesas imitant les tranches napolitaines avec leurs couches de couleurs différentes, herbe rare et sèche – et, de-ci delà, quelques troncs qu’un processus chimique étonnant a bel et bien changés en un minéral plus dur que de l’acier et à peine moins que le diamant. J’entame avec les autres la piste de Blue Mesa, mais il fait 40°, il n’y a pas un poil d’ombre, le chemin descend en pente raide et mes ballerines neuves, portées sans chaussettes, ne tardent pas à me faire des ampoules. Je rebrousse chemin. En haut, je m’assois sous l’unique abri à des kilomètres à la ronde, face au panorama, et j’appelle Hawk. Une vingtaine de minutes ; la conversation va me coûter les yeux de la tête mais j’avais trop envie de l’entendre. Je suis en train d’écrire quand les autres remontent. Nous repartons vers le Canyon de Chelly (après avoir acheté des bouts de bois pétrifié à la boutique du parc).
Quand nous arrivons au motel, il est déjà tard. Je ne suis guère motivée pour repartir crapahuter dans ces paysages arides qui me laissent froide à l’intérieur et suffocante de chaleur à l’extérieur. Nous faisons quelques courses dans le supermarché du coin. Ici, tout est tenu par des Navajos, et comme ils ont eu pas mal de problèmes d’alcoolisme, ils ne vendent rien d’autre que des sodas et des jus de fruits au rayon boisson. Pas d’apéro ce soir. Pendant que les autres partent explorer le canyon, je vais faire un tour au business center du motel. Je poste sur mon blog pour la première fois depuis notre départ. Puis je profite de ma solitude pour prendre une longue douche, bouquiner et écrire au calme dans la chambre. Les autres rentrent ravis : ils ont rencontré une artisan navajo qui leur a raconté sa vie et expliqué la signification des symboles indiens. Nous dînons de plats surgelés dans la chambre.
(Photo: un morceau de bois pétrifié)

samedi 9 juin 2007

USA - Roswell, Albuquerque (Nouveau Mexique)


Nous commençons la journée en nous faisant une belle frayeur. L’unique station-service annoncée par les panneaux de la TX54 que nous suivons s’avère désaffectée. Peu de temps après, nous entrons dans la réserve du Highlander. En plein désert. La ville suivante se trouve encore à plusieurs dizaines de miles et nous doutons de pouvoir l’atteindre. Nous nous arrêtons sur une aire de repos où j’aborde un homme de ménage qui s’apprêtait à partir. Il me dit que ce genre de problème arrive tout le temps, que s’il avait des sous de côté il ouvrirait une station-service dans les parages. Coup de chance : il propose de nous dépanner de 2 gallons pris sur ses fournitures de travail. Cela devrait nous suffire pour atteindre White City où il y aura des pompes. Catastrophe évitée de justesse - d’autant que faute de réseau, nous n’aurions même pas pu appeler une dépanneuse avec nos portables. Nous laissons $20 de dédommagement au monsieur ; ce sera l’essence a plus chère du voyage !
Nous quittons le Texas et entrons au Nouveau Mexique. La première ville que nous traversons fait de la pub pour sa « course annuelle de canards en plastique » - probablement pas le genre qu’ils vendent chez Sephora. Vers 13h (nous avons encore décalé d’une heure supplémentaire), nous arrivons à Roswell. Après le passage obligatoire au Harley local, nous allons manger un repas pas inoubliable (mais qui me rappelle Lancaster) dans un buffet chinois. Puis nous visitons le musée des UFO. Je zappe assez vite car ça ne m’intéresse pas du tout. Le seul endroit qui retient mon attention est le mur consacré aux cartoons sur le thème du crash de la Zone 51. Même chose dans les boutiques de souvenirs que nous faisons ensuite ; je me contente de quelques cartes postales et autocollants pour mon scrap. De toute façon, mon sac de voyage doit déjà peser bien davantage que les 25 kilos autorisés par Air France. Le retour chez moi promet d’être épique.
Nous finissons le trajet du jour et nous arrêtons pour la nuit à Albuquerque. La ville est telle que LH la décrit dans le dernier AB que j’ai traduit : déco pseudo mexicaine partout, même les échangeurs d’autoroute sont roses et verts ! Nous ressortons nous balader dans un centre commercial voisin. Chez Borders (nouvelle réminiscence de Lancaster), je passe un bon moment au rayon papeterie et presse pendant que les autres regardent les CD. Chez Skechers, je trouve d’adorables ballerines en toile à tête de mort, very Elsie Flannigan. Autre Moi, par contre, ressort les mains vides et toute dépitée.
Nous tentons de faire les courses pour le dîner. Dans le sas d’entrée d’un K-Mart (qui ne vendait pas de bouffe), nous nous faisons accoster par une jeune femme en panne sur la bretelle d’entrée de l’autoroute. Nous la suivons pour l’aider à redémarrer sa voiture en branchant sa batterie sur la nôtre. Manque de bol, ça ne marche pas. Pendant que je tiens son chien et que Junior monte la garde près du Highlander, Kris et Autre Moi poussent sa voiture jusque sous un pont voisin. La manœuvre est difficile, car la voiture en panne n’a pas de lumières et est séparée de la circulation (rapide et dense) par moins de deux mètres. La jeune femme nous remercie, nous demande notre adresse pour nous envoyer une carte de remerciement et décline notre proposition de la déposer quelque part : elle va appeler son mari pour qu’il vienne la chercher. J’aime le hasard qui nous donne l’occasion de recevoir et d’apporter du secours dans la même journée. Ça fera une bonne anecdote de vacances.
(Photo: Roswell)

mardi 5 juin 2007

USA - Nouvelle-Orléans (Louisiane)


Aujourd'hui nous sortons de la Nouvelle-Orléans pour aller visiter des plantations. Nous nous perdons un peu sur la route. A un moment, nous passons entre deux des digues qui n’ont pas suffi à protéger la ville de Katrina ; elles sont pleines d’ouverture et je me demande bien comment elles sont censées empêcher l’eau de passer. Le bayou offre un paysage assez particulier avec ses arbres élancés, serrés les uns contre les autres et jaillissant d’une immense étendue d’eau. La route des plantations, en revanche, est très différente et pas du tout comme je l’imaginais. Je voyais des champs de hautes tiges jaune-brun surmontées de boules blanches ; en réalité tout est vert et luxuriant. C’est parce que je pense au coton et qu’il s’agit de canne à sucre, m’informe Autre Moi.
Nous nous arrêtons d’abord à Laura, une plantation créole dont l’histoire passionnante nous est contée par notre guide. Pam est une dame d’âge mûr, à l’élocution impeccable (bon OK, elle vient du Nebraska), très souriante et chaleureuse. Elle a le don de faire revivre les personnages dont elle évoque la vie tandis que nous déambulons à travers leur maison, leur jardin et une partie des dépendances. La saga de la famille Duparc-Locoul n’a visiblement rien à envier à un feuilleton télévisé avec ses héroïnes hautes en couleur, ses multiples rebondissements et ses tragédies. Je suis aux anges, à tel point que j’achète, dans la boutique de souvenirs, le livre qui retrace les mémoires de Laura Locoul.
A côté de cette visite, la suivante paraît presque fade. Oak Alley s’enorgueillit pourtant, comme son nom l’indique, d’une magnifique allée de chênes tricentenaires. Et nous faisons un délicieux repas (po’boy pour Kris, jambalaya pour les filles) dans le resto attenant. Mais la guide déguisée en Southern Belle débite son texte à toute allure et d’une façon beaucoup trop mécanique. Même ses blagues sont apprises par cœur. Certes, la maison a de l’allure et un mobilier somptueux ; son histoire est tout de même bien moins riche que celle de Laura, et son architecture anglaise beaucoup plus froide.
Nous rebroussons chemin vers la ville et, après avoir laissé la voiture à l’hôtel, nous partons nous balader à pied dans le Vieux Carré. J’achète un pin’s au Hard Rock Café et un chouette T-shirt pour Hawk dans une boutique pseudo-vaudou. Nous traversons la place des diseurs de bonne aventure, qui ne déparerait pas à San Francisco. Le quartier est joli mais ne se prête pas très bien aux photos ; dommage. Et toujours pas l’ombre d’une supérette. Nous nous résolvons, après un apéro dans la chambre, à aller manger des po’boys (une spécialité locale) chez Mother’s, cité dans le « 1000 thousand places to see before you die ». Le cadre est sympa mais les sandwiches ne cessent pas vraiment des briques : le pain est mauvais, trop épais et rassis. L’endroit ne mérite définitivement pas sa réputation.
(Photo: la plantation de Oak Alley)

samedi 13 mai 2006

USA - Cody, Yellowstone (Wyoming/Montana/Idaho)

Le coup de fil à Alamo ne donne rien, l’employée me soutenant que les frais prélevés à Autre Moi sont des extras qui n’avaient pu être réglés de France. Il faudra qu’elle se fasse rembourser au retour. Nous déjeunons et quittons le motel de Sheridan à 8h30. C’est moi qui prends le premier tour de conduite. La route passe d’abord par la forêt nationale de Bighorn, et pendant quelques dizaines de miles se succèdent des paysages très différents : pentes boisées qui me font penser au pied des Alpes, gorges avec succession de virages serrés et rivières dans le fond, falaises rouges, plaines jaunes…
Dans une petite agglomération où la vitesse est limitée à 30 mph (comme dans toutes les zones résidentielles), je me fais prendre en chasse par une voiture de police ! Un instant d’hésitation en entendant la sirène, puis je me range sur le côté. Une fliquette très amicale me demande mes papiers et ceux du véhicule. Elle me prévient que je roulais à 35 mph et que j’étais en train d’accélérer car elle a mis une minute à me rattraper (évidemment moi je croyais que je la gênais, alors je me dépêchais de sortir du passage). Puis elle vérifie que tout est en ordre et me laisse m’en tirer avec un avertissement. Du coup, je fais scrupuleusement attention et la suite du trajet me paraît très, trèèès longue.
Nous nous arrêtons pour déjeuner à Cody, la ville natale de Buffalo Bill, dans un resto de hot-dogs – pas moins de deux douzaines de sortes différentes, accompagnés de salade de pommes de terre et de vraie limonade. Miam. Apparemment, il y a un festival de cow-boys car nous voyons beaucoup de gens, enfants compris, avec des chapeaux à large bord et une démonstration (ou peut-être est-ce une vente aux enchères ?).
Junior prend le volant pour la seconde moitié du trajet. Nous arrivons assez vite à Yellowstone, qui n’a rouvert pour la saison qu’hier. Autre Moi nous avait dit de prévoir polaires, Damart et doudounes : finalement, il fait entre 56 et 68°F ! Le grand lac est encore plus qu’à demi gelé, et il reste de très épaisses plaques de neige sur les bords de la route, mais nous pouvons sortir de la voiture en gilet, voire en T-shirt.
Nous faisons un premier arrêt à West Thumb où nous suivons une passerelle en bois qui contourne un tas de bassins volcaniques – odeur de soufre et couleurs hallucinantes. Puis nous poussons jusqu’à Old Faithful, le célèbre geyser près duquel se trouve notre hôtel. Nous passerons les deux prochaines nuits dans un chalet en bois avec des lits en 140 (bad) et une table de cuisine + bancs (good). Pas de téléphone, pas de télé, mais on s’en fout. Nous admirons l’éruption du geyser, en faisons le tour, prenons quelques photos, fouillons la seule boutique encore ouverte et rentrons au chalet pour l’apéro.
Passage au bar de l’hôtel pour attendre qu’une table se libère au resto. Je goûte la Mike’s Hard Lemonade, une sorte de limonade alcoolisée pas mauvaise du tout. Le repas se passe plutôt mal de mon point de vue : vilaine impression que je vais exploser à cause de la quantité de nourriture ingérée (j’ai pourtant laissé la moitié de mon « Montana legend burger) »), vannes assez lourdes de Kris et d’Autre Moi, et couple d’âge mûr assis à la table voisine qui me fait penser à tout ce que l’Homme et moi ne deviendrons pas. Il apprécierait ce voyage bien plus que moi… Nouvelle crise de larmes dans la salle de bains du chalet. Je sais que c’est normal d’être triste mais j’ai vraiment du mal à gérer ce sentiment horrible de gâchis.
(Photo: bassin de soufre à Yellowstone)

mardi 23 août 2005

USA - Los Angeles (Californie)


Enfin débarrassés du groupe – et du lever à 6h obligatoire. A 8h30, nous retrouvons Frankie dans le resto de l’hôtel pour petit déjeuner ensemble et prendre une photo avec lui. Nous nous séparons de notre guide, qui retourne à NYC, devant la navette à destination de Santa Monica. Sa détresse m’a vraiment touchée, et je lui promets d’écrire à son agence pour le défendre.
Santa Monica – quartier touristique en bord de plage, avec jetée et fête foraine. Nous passons l’essentiel de la journée à faire du shopping dans Third Street où nous achetons un monde de fringues ! Quand je dis « nous », en fait, c’est Autre Moi, Junior et moi, mais Kris nous suit docilement, sans jamais rouspéter et même en émettant des avis, histoire de participer. Bel exploit pour un mâle hétéro.
Chez Levis, Junior et moi trouvons deux jeans chacune – à 44$ pièce, - 20% de promo : du jamais vu en France. En plus, le vendeur black est une espèce de génie de la fringue qui me jette un coup d’œil, me demande quelle coupe j’aimerais et me tend 3 modèles, dont 2 qui semblent avoir été taillés pour moi. Même pas d’ourlet à faire. En France il faut toujours que je passe une heure dans la cabine d’essayage ; là c’est du « in and out ».
Chez Skechers, Autre Moi se laisse tenter par une paire de baskets noires sans lacets, et moi par des beiges avec un élastique en zigzag + fermeture scratch. C’est pas souvent que j’achète des chaussures de sport. On va dire que je me suis laissée contaminer par l’atmosphère ambiante.
Nous déjeunons d’une pizza sur une terrasse ensoleillée, mais envahie par les pigeons. Junior se mord la langue si fort qu’elle devient toute rouge et que les larmes lui montent aux yeux, la pauvre.
Navette de retour à l’hôtel vers 16h30. Nous n’avons pas chômé. J’écris rapidement la lettre pour ATI, puis Autre Moi, Kris et moi descendons faire trempette dans le jacuzzi extérieur de l’hôtel. L’eau est tellement chaude que nous ne tenons pas longtemps.
Petit tour au supermarché voisin où nous achetons de quoi pique-niquer dans la chambre ce soir, plus de la junk food que les autres veulent ramener en France. Moi, mes deux sacs sont déjà pleins à craquer.
Dernière mini-cuite du séjour. Je n’ai pas envie de me coucher et que ce soit fini. Extinction des feux vers minuit. Demain, le réveil sonnera à 3h50.
(Photo: 3rd Av., Santa Monica)

vendredi 19 août 2005

USA - San Francisco (Californie)


Journée à San Francisco. Le matin, tour de ville en bus (City Hall, Painted Ladies, Golden Gate Bridge, parc…). A midi, déjeuner dans un resto de Fisherman’s Wharf – le meilleur repas des vacances jusqu’ici, un saumon savoureux. Balade en bateau dans la baie ; beaucoup de vent et de froid, surtout à l’entrée et à la sortie du port. Heureusement que j’ai eu le temps d’acheter un blouson/coupe-vent juste avant. Autre Moi doit se geler avec son pantacourt tout fin. Pour une fois, je me réjouis d’être petite : le bastingage avant auquel nous sommes accoudés me protège mieux ! Shopping sur le Pier 39 (T-shirts et petites conneries).
Puis une grosse heure de queue, toujours dans un vent glacial, pour prendre le funiculaire (pardon, ici, on dit « cable car ») jusqu’à l’hôtel. Un vieux hippie très drôle est en train de chanter des morceaux de sa composition, dont un à la gloire de l’alcoolisme, en s’accompagnant de sa guitare. Ca m’aide à patienter. Le voyage en cable car, que je fais à l’arrière de la voiture, donne une très belle vue sur SF. J’en profite pour bavarder un peu avec le « conducteur », encore un type archi jovial.
Quand nous arrivons à Union Square, il est déjà presque 20h. Tant pis pour ma boutique Origins. Nous faisons un tour dans Niketown où Junior et Kris s’achètent une paire de baskets chacun (apparemment elles sont deux fois moins chères qu’en France), et à Borders où je trouve des magazines de scrap. L’apéro dans la chambre d’hôtel se prolonge jusqu’à ce qu’on soit tous bourrés et délirants. Du coup, quand on arrive enfin à se traîner dehors pour aller dîner, il est plus de 23h. On mange au Lorie’s Diner qu’on a repéré un peu plus tôt, et qui est très sympa. Par contre, l’alcool c’est pas bon pour le flipper – avec 5 balles, on tient moins de 30 secondes en tout. Je ne nous félicite pas.
(Photo: hippie chanteur)

vendredi 13 mai 2005

Japon - Tokyo (Omiya, Ikebukuro)


Galéré une bonne partie de la matinée pour trouver le village des bonsaïs à Omiya. Marché, marché, encore marché…. Le quartier de banlieue dans lequel nous avons fini par atterrir était très joli, bien que visiblement pas du tout prévu pour accueillir les touristes, mais si j’avais su j’aurais pas venu ! D’autant que les photos étaient interdites.
Mangé à midi dans le petit resto de soba de la semaine dernière, mais cette fois le plat que j’ai choisi ne me plaît pas beaucoup.
AM : L'Homme à l’Aïkikaï. A la base, je suis censée accompagner Patrice et Ilona au Dome, mais quand je vois qu’ils veulent d’abord passer par le Toyota Building, je splitte. De 14h à 17h30, je fais du « lèche-vitrines » dans Ikebukuro : Mitsukoshi, où je trouve enfin une théière en fonte qui me plaît, Tobu où je prends un assortiment de pâtisseries pour mes parents, le Metropolitan Plaza et enfin Oi City.
Je suis installée dans le lounge du ryokan avec une tasse de thé et mon nouveau bouquin (« The curious incident of the dog in the night-time ») quand surviennent 3 Français qui sont visiblement dans le business du manga. Je leur demande où je peux acheter des goodies, et nous commençons à papoter édition. Deux d’entre eux me proposent de les accompagner à Animate, près de Sunshine City derrière la gare d’Ikebukuro. J’ai juste le temps de faire un petit tour rapide avant la fermeture, mais je trouve un rayon consacré à Versailles no Bara. J’hésite à prendre une poupée assez réussie mais renonce pour cause de manque de place dans mes bagages. Je me contente de deux pochettes à documents et d’un hologramme à coller sur un portable.
Dîner dans un bar à sushi. Ne supportant pas le poisson cru, j’ai mangé avant, mais je dois reconnaître que le cadre est assez pittoresque et que l’atmosphère vaut le déplacement.
(Les cartes postales sont arrivées aujourd’hui : 4j pour Tokyo-France, pas mal !)

jeudi 5 mai 2005

Japon - Tokyo (palais impérial, Shinjuku)


Encore une rencontre ce matin au petit déjeuner : un photographe pro français, spécialisé dans les chats, qui a fait la couverture du hors-série de GEO sorti en septembre dernier.
Jardins du palais impérial : moyennement intéressants, et m’ont donné mal aux pattes arrière. L’après-midi risque d’être pénible.
Interminable recherche de l’Office du Tourisme. Dans le train qui est censé nous amener à Ueno pour la visite d’un parc et d’un temple, je craque et réclame à faire sécession.
Avec l'Homme, nous continuons jusqu’à Shinjuku. Le quartier est excessivement moche avec ses myriades de magasins d’électronique et d’enseignes au néon criardes. Nous localisons la Poste où j’achète des timbres pour mes (futures) cartes postales, puis nous nous mettons en quête d’un cyber café. Renseignements fournis par un postier et trois portiers à l’anglais balbutiant ; les trois premiers nous envoient à Pétaouchnok, dans un coin plein d’hôtels chicos (dont sans doute celui de « Lost in translation »). Le dernier nous aiguille sur Bic Camera, qui se trouve… dans l’immeuble au-dessus de la gare dont nous arrivons. Mais le pire, c’est que lorsque nous le localisons enfin, nous apprenons qu’il est fermé depuis septembre 2004 ! Pas moyen de trouver un accès internet dans Tokyo ; j’hallucine !!! Décidément, ce n’est pas mon jour de chance. Je n’ai toujours pas la moindre idée de l’endroit où je vais dénicher une Blythe.
Repas du soir dans un resto de soba choisi au hasard dans Ikebukuro. Copieux, délicieux, joliment présenté, et les propriétaires absolument adorables nous offrent du thé vert à la fin. Gochisôsama !
(Photo: abords de la gare de Shinjuku, prise par l'Homme)


mercredi 4 mai 2005

Japon - Tokyo (Harajuku, Shinjuku)


De bien meilleure humeur après une bonne nuit de sommeil. Réveillée à 3h30, puis rendormie et finalement émergé vers 8h30.
Au petit déjeuner, nous avons bavardé avec des Suédois dont l’un portait le T-shirt de l’Aïkikaï. C’était des pratiquants qui avaient prévu le même programme que nous : Kyoto pendant la semaine fériée et ensuite retour sur Tokyo pour cours + shopping. Nous avons échangé quelques tuyaux (tout en anglais, qu’ils parlaient très bien).
Départ du ryokan vers 10h30. Visite du Meiji Jingu (autel dédié à l’empereur Meiji et à sa femme), situé en haut d’Omotesando. Pique-nique dans le parc ; les Japonais nous regardent bizarrement, ça ne doit pas trop se faire de manger en pleine nature chez eux. Après-midi shopping à Shinjuku ; nous nous séparons et j’explore seule deux depato : Odakyu et Keio. Pas de poupées Blythe ; 50° aux rayons vêtements femme : pas envie de traîner pour fouiller. Par contre je fais quelques emplettes au rayon papeterie – carnets, stickers, aimants, porte-clefs… Deux heures plus tard, je rejoins les autres.
Prix du petit Coca dans un McDonald’s : 100 yens. Moins cher qu’en France ; par contre, pas de light (bad !).
Dîner dans un resto d’okonomi-yaki où la carte était exclusivement en japonais, où personne ne parlait anglais et où il a fallu préparer nous-mêmes notre repas avec la plaque chauffante qui empestait le graillon au bout d’un moment. Les autres ont trouvé ça très fun ; moi j’ai détesté. Si je veux cuisiner moi-même, je reste à la maison.
Demain, palais impérial et vieux quartiers au programme. Et je sais bien que ça n’est pas « normal », mais j’en ai rien à foutre des visites culturelles ! Seule, je me contenterais de faire les magasins et de me balader dans les rues animées pour profiter de l’ambiance. Les voyages de groupe, visiblement, c’est pas mon truc. Ca promet pour les USA cet été….
(Photo: fontaine de purification à l'entrée du Meiji Jingu, prise par l'Homme)