Affichage des articles dont le libellé est pause caca. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est pause caca. Afficher tous les articles

mercredi 19 septembre 2007

Japon - Kyoto (Nanzenji, chemin des philosophes, pavillon d'argent, Gion)

Je me réveille ce matin les mollets couverts de piqûres d’araignée bien rouges, et qui démangent un maximum. Plus tard, je m’apercevrai que j’en ai aussi sur les bras et les mains. Ça m’apprendra à vouloir jouer les dryades. Mon faune s’en tire mieux que moi : il faut dire qu’il n’était pas en bermuda, lui.
Dans le bus qui nous emmène au Nanzenji, nous discutons avec un jeune Allemand multilingue et comparons nos expériences respectives de voyageurs.
Comme je m’y attendais, la visite d’un des temples zen majeurs du Japon ne me bouleverse guère, mais Hawk semble beaucoup apprécier. La seule chose que je retiendrai, c’est la présence fort incongrue d’un aqueduc romain dans le jardin.
Nous prenons ensuite le Chemin des Philosophes, ou Testugatsu no Michi, en direction du Ginkakuji. La balade est agréable et le serait encore davantage par une température plus clémente. Nous nous arrêtons pour manger dans un minuscule restaurant d’okonomiyaki. Il n’y a que six tables, dont deux japonaises (=basses, devant lesquelles on est censé s’installer en seiza). La propriétaire nous assigne l’une de ces dernières mais, clémente, nous fait signe de nous asseoir normalement. Nos okonomiyaki au porc sont délicieux et très appréciés. Nous passons un chouette moment dans ce boui-boui typique dont la propriétaire est aux petits soins pour nous.
La seconde partie du Chemin des Philosophes longe un canal bordé d’arbres qui nous apportent un peu de fraîcheur. En début d’après-midi, après avoir marché environ trois kilomètres, nous atteignons enfin le Pavillon d’Argent, ou Ginkakuji. Jamais achevé, plusieurs fois brûlé, celui-ci ne paye pas de mine. Mais les jardins alentour sont sympathiques. Je constate que l’étiquette des mousses VIP dont j’avais posté la photo sur le forum des filles il y a deux ans et demi est désormais à moitié arrachée et illisible. How symbolic.
En ressortant, Hawk passe un loooong moment aux toilettes. Ou bien il a mangé quelque chose qui ne lui a pas réussi (étrange, car nous avons consommé les mêmes plats ces derniers jours et je me porte comme un charme), ou bien le dieu renard nous a maudits pour nos frasques d’hier dans son temple.
Dans une des boutiques de l’allée qui descend vers l’arrêt de bus, j’achète un chapeau bleu marine comme beaucoup de Japonaises en portent. Ça me va bien et ça me protègera un peu. Mon joli chapeau de pluie rose à pois blanc est dans mon sac à dos depuis le début du voyage, et il n’a pas servi une seule fois.
Nous descendons du 203 dans Shijo Dori, à la hauteur des arcades couvertes dans lesquelles nous nous sommes baladés l’autre jour. Après un goûter rapide chez Mister Donut, nous visitons le Nishiki Market. Tout ce que j’ai à en dire, c’est que ça pue mais que je reste stoïque pendant que Hawk mitraille les bacs de poissons crus, de poulpes et de légumes marinés. Nous nous mettons ensuite en quête d’un bureau de change censé se trouver au rez-de-chaussée du grand magasin Hankyû, et qui se situe en fait dans le même immeuble mais à l’extérieur du depato.
Petit shopping dans une avenue parallèle à Shijo Dori et qui rejoint les arcades couvertes. J’achète de la lingerie cheap chez Aimer Feel (où la vendeuse et moi nous prenons un peu la tête sur une histoire de promo avant que la lumière se fasse jour dans mon esprit), de la papeterie chez Neo-Mart (magasin de gadgets import US) et chez Loft. C’est amusant de faire les boutiques avec Hawk ; il aime les trucs de grands mômes autant que moi et ne s’impatiente jamais quand je traîne dans les rayons.
Nous cherchons vainement dans Kiyamachi un café végétarien signalé par le Lonely Planet (ce guide indigeste que je déteste). Nous finissons par nous rabattre sur un resto où nous mangeons bien, voire très bien, mais où les portions sont assez ridicules et l’addition plutôt salée en raison d’une mystérieuse « table charge » de 500 yens par personne. Nous longeons Pontocho qui malgré les touristes ressemble assez bien à mes souvenirs du film « Geisha ». Je voulais retourner au Yasaka Shrine, mais je ne m’en sens pas le courage ; nous rentrons donc au ryokan vers 21h.

vendredi 14 septembre 2007

Japon - Tokyo (Ginza, Roppongi)

J’émerge avec difficulté vers 8h45. Mal dormi sur le futon qui me met le dos en compote. Je me force tout de même à réveiller Hawk. Nous qui voulions nous lever de bonne heure pour aller au marché aux poissons à Tsukiji, c’est râpé ! Nous maintenons néanmoins notre programme de la journée.
Notre première tentative pour prendre le métro est laborieuse. A cause de l’immensité de la station de Ginza où nous devons effectuer notre changement depuis la ligne JR Yamanote, nous mettons très longtemps à localiser les distributeurs. Cela fait, l’achat de tickets s’avère aussi simple qu’on nous l’avait dit. 160 yens (environ un euro) pour un trajet de trois stations ou moins, c'est assez raisonnable. Je me demande vraiment pourquoi on s'est fait suer à marcher des kilomètres et des kilomètres lors de mon premier voyage. Peut-être parce qu'Ilona avait peur de ne pas s'en sortir dans le métro...
C’est triomphants que nous émergeons à la surface… sous un soleil de plomb et dans un quartier bétonné qui ne fait rien pour lutter contre la moiteur ambiante. Le temps d’arriver aux halles, les marchands sont déjà en train de remballer. Déception. Hawk se rattrape un peu niveau photos dans les échoppes des rues environnantes. L’une d’elles vend des animaux empaillés : chat sauvage, paon, aigle royal, crocodile (dont le destin aurait plutôt été de finir matière première chez Hermès) et même… un panda. Fuyons.
Deuxième trajet en métro pour rejoindre le cœur de Ginza. J’appuie sur le bouton d’appel de l’ascenseur dont je crois qu’il va nous emmener à l’intérieur du Sony Building, et la porte s’ouvre sur… des toilettes high tech. Fou-rire incontrôlable. Nous finissons par trouver un accès au bâtiment. La première chose que nous faisons, c’est chercher un endroit où manger car il est déjà midi passé. Ce sera le pub Cardinal, seul resto de l’immeuble à ne pas pratiquer des tarifs prohibitifs. L’intérieur est entièrement tapissé de velours rouge et décoré de pubs anglaises ; c’est assez bizarre de voir une clientèle exclusivement japonaise dans ce genre de décor. Et plus encore de se voir, servir, à la fin du repas (poisson pour Hawk et spaghetti aux champignons pour moi), une tasse de thé Lipton avec une rondelle de citron flottant à la surface.
La visite qui suit est assez rapide. Hawk teste les appareils photos et moi les différents modèles d’ordinateur portable Vaio. Je ne suis pas convaincue par leur esthétique, et il se peut donc que j’opte pour un MacBook au prochain renouvellement de mon outil de travail. Une nouvelle PSP doit sortir dans six jours ; elle est en démo au rez-de-chaussée. Hawk aimerait bien jouer avec mais il ne comprend pas comment ça fonctionne.
Nous nous mettons en quête de la Leica Gallery pour laquelle nous n’avons que des indications assez floues. Le hasard fait bien les choses : nous tombons sur le magasin Ito-Ya, mythique papeterie japonaise de huit étages dont je n’avais pas pris la peine de chercher l’adresse au préalable. Une séance de shopping plus tard, nous nous remettons en route. Le Matsushima Building tardant à se matérialiser, nous demandons notre chemin à un serveur qui n’en sait visiblement pas plus que nous. Il s’éloigne. Quelques minutes plus tard, au moment où je finis par réussir à déchiffrer notre plan, il revient vers nous et nous entraîne dans la direction que j’allais prendre. Encore une preuve de la légendaire serviabilité des Japonais.
Hélas, après toutes ces recherches, une plaque à l’intérieur du Matsushima Building nous apprend que la Leica Gallery est fermée depuis… décembre 2005. Nouveau fou-rire qui soulage un peu la tension de nos foirages successifs depuis le matin. En repartant vers le grand carrefour de Ginza, nous tombons sur un Apple Store. Leurs MacBook sont reliés à internet et j’espère un instant réussir à me connecter à Hotmail, mais que dalle. Grrr.
Après toutes ces déconvenues, je ne suis pas d’excellente humeur, mais fort heureusement, nous parvenons à localiser du premier coup la fameuse statue de Godzilla que Hawk tenait tant à voir. Séance de photos avec Régis et Ernest ; les badauds de la plaza se marrent bien en nous regardant.
Puisque nous maîtrisons désormais le métro, cap sur Roppongi où se situe le musée Mori. Dans le prix du billet est compris l’accès au Tokyo City View, un observatoire sympa bien que moins haut que celui de Sunshine 60. De là, on voit très bien la Tour de Tokyo rouge et blanche. Le gag, c’est qu’en arrivant à l’entrée du musée, nous nous apercevons que l’expo actuelle est consacrée, non pas à de jeunes artistes japonais hype comme je l’espérais, mais à… Le Corbusier. Faire un demi-tour de planète pour me balader à l’intérieur d’une reconstruction de la Cité Radieuse de Marseille où j’ai dormi deux nuits en… 1988 (argh, que le temps passe vite !), c’est quand même pas super malin. Ou alors c’est le comble du snobisme culturel ; j’hésite entre les deux. Juste avant la sortie, il y a bien une installation de Nishi Tatzu : deux horloges dont une projetée sur un immeuble du quartier et une peinte sur le mur dans lequel se découpe la porte de la salle ; les aiguilles de cette dernière fonctionnent et doivent barrer la route des visiteurs chaque fois que l’une d’entre elles passe devant le 7 inexistant. C’est assez mon genre d’art, mais il s’agit hélas de la seule installation de ce type dans le musée. Je ressors un tantinet frustrée.
Comme nous en avons plein les pattes, nous rentrons à Ikebukuro. Arrêt chez Tobu pour prendre de quoi petit-déjeuner demain. Alors que nous nous dirigeons vers la sortie, je retrouve par hasard la boulangerie pseudo-française de luxe qui fait des viennoiseries impossibles à identifier mais généralement bonnes dans le genre presque pas sucré. Nous en achetons trois pour un goûter tardif dans la salle commune du ryokan. Ma brioche fourrée aux morceaux de pomme semi-fondus se révèle être… un petit pain aux cubes de fromage. Décidément, c’est la journée des méprises et bévues en tout genre.
Nous montons dans la chambre rédiger nos journaux respectifs. La pause toilette de Hawk (2ème ou 3ème de la journée) entraîne une discussion assez scato sur mes propres difficultés de transit et m’inspire cette réplique fâchée : « je ne parle pas aux gens qui arrivent à faire caca en voyage ! ». L’exemple de Hawk doit pourtant me motiver, à moins que ça ne soit le numéro de Première emporté aux toilettes, car dix minutes plus tard je triomphe enfin de l’adversité gastro-intestinale. Peut-être devrais-je faire parvenir une interview de Jean Dujardin à M. Abe, l’ex premier ministre japonais qui a démissionné hier et été hospitalisé aujourd'hui pour « troubles gastro-intestinaux fonctionnels ».
Comme nous avons goûté tard, nous n’avons pas très faim. Renonçant à notre plan initial du petit resto de soba, nous passons au Family Mart chercher des plats que nous mangeons dans la salle commune du ryokan. A la caisse, je trouve et achète le n°18 de Nana qui vient juste de sortir. Une lessive à la main et un câlin de fin de soirée nous font de nouveau coucher à minuit passé.