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vendredi 19 mai 2006

USA - Arches Park, Bryce Canyon (Utah)

Je laisse les autres retourner seuls à Arches Park de bon matin pour faire la marche de 4,5 kilomètres qui conduit à Delicate Arch, celle qu’on voit sur toutes les cartes postales. La chaleur m’accable, j’ai une ampoule au talon gauche et j’ai vu assez de pierre rouge pour le restant de mes jours. (Note à moi-même alors que je recopie ces notes un an plus tard : mon Dieu, mais j’étais vraiment d’une humeur charmante, un vrai petit rayon de soleil.)
Suite à un échange de textos assez acides avec l’Homme, nous passons un quart d’heure au téléphone et même si elle ne change rien à la situation, notre conversation me fait du bien – m’aide à faire un pas vers l’acceptation de notre rupture. Je vais chercher des timbres à la Poste pour envoyer les cartes qui commencent à s’accumuler, puis je traîne sur le pieu en lisant Elle et en surveillant la pendule, car nous devons libérer la chambre à 11h.
Les autres rentrent à 11h15 ; nous chargeons la voiture, rendons les clés et allons déjeuner au Jailhouse Café, juste à côté du Bowen Motel. La serveuse nous installe sur une chouette terrasse couverte, au bord d’un petit carré de verdure – très agréable. Malheureusement, il faut reprendre la route. Quatre grosses heures de nationale à travers des paysages déserts (pour changer un peu) et notre première averse depuis le début des vacances.
Vers 16h30, nous arrivons à Bryce Canyon. Notre hôtel est le même que l’an dernier ; nous sommes donc en territoire familier. Pendant que les autres vont à la piscine, je surfe sur internet dans le hall. Puis je les rejoins dans la chambre. Laverie, tour rapide dans les boutiques que nous connaissons déjà, apéro dans notre « coin salon » et dîner au resto de l’hôtel – buffet très bon mais très cher.
(Photo: Delicate Arch)

jeudi 18 mai 2006

USA - Arches Park (Utah)

Pas rancuniers, nous allons prendre notre petit déjeuner chez Denny’s. J’arrive à peine à avaler la moitié de mon Lumberjack Slam : œufs, bacon, saucisses, toasts, hash brown et trois pancakes monstrueux. Evidemment, vu le nom, j’aurais dû me méfier, mais tous les autres ont pris plus petit et laissent des restes eux aussi.
Dix minutes plus tard, nous passons l’entrée d’Arches Park, et je réalise que la journée va être super chiante pour moi car Autre Moi veut faire toutes les marches malgré le soleil de plomb et nos maigres rations d’eau fraîche. Je me console en me disant que j’élimine plein de calories et qu’avec un peu de chance, je bronze légèrement. J’arrive à ne pas rouspéter, contrairement à Junior qui déteste marcher et ne s’en cache pas.
Lorsque nous ressortons du parc (je suis au volant depuis le début et je commence à être éblouie), midi n’est plus qu’un lointain souvenir. Nous déjeunons chez Zak, resto style saloon avec serveuse sosie de Cameron Diaz. Puis nous nous baladons dans les boutiques de Moab. La Poste est déjà fermée pour la journée, donc pas de timbres pour envoyer nos cartes postales. Outre les habituelles échoppes à T-shirts/magnets/peluches/autocollants, la grande rue abrite une adorable librairie-papeterie-salon de thé où je trouve des cartes postales Blythe et une sélection de ravissantes boîtes de thé. Junior fatiguée rentre au motel ; Kris, Autre Moi et moi allons faire quelques emplettes pour le dîner au supermarché (des fruits frais), puis faisons de l’essence avant de la rejoindre. Pendant que les autres partent se rafraîchir à la piscine, je fonce sur internet. Quand je les rejoins, ils sont en train de faire une course de genoux. Don’t ask.
Nous passons la soirée à végéter dans la chambre : longue douche, grignotage de chips, lecture, bavardage… Vers 21h, nous sommes pris par l’envie subite de retourner à Arches Park pour voir à quoi ça ressemble de nuit. Autre Moi n’est jamais rassurée dans le noir et Kris semble faire la gueule (pour changer). Mais même si nous ne voyons guère le paysage, Junior tombe en admiration devant le ciel et moi plus encore. Debout près de la voiture (je n’ose pas m’éloigner car les environs sont quand même remplis de bêtes sauvages), je laisse la brise nocturne caresser mon visage et mes membres nus, faire voler mes cheveux dans mon dos. Et le nez levé vers les étoiles si lointaines et si proches à la fois, je prie : « Let me be healed ». L’espace d’un instant fugitif, je ne fais qu’un avec l’univers. (Photo: Arches Park)